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23/05/2014

Les catholiques, ces gens qui se marient pour la vie

Le journaliste italien Sandro Magister a publié sur son site une deuxième lettre du père Carlo Buzzi, missionnaire au Bengladesh, sur la question de la communion pour les divorcés-remariés. Dans la première, le père Buzzi imaginait en trois points les conséquences qu'aurait une hypothétique et improbable concession sur ce sujet dans l'Eglise:

JP%2BWedding-129.JPG1. Cela rendrait l’Église superficielle et accommodante ;
2. Il faudrait nier l'infaillibilité de la chaire de Pierre, parce que ce serait comme si tous les papes précédents s’étaient trompés ;
3. Il faudrait considérer comme des imbéciles tous ceux qui ont donné leur vie, dans le martyre, pour défendre ce sacrement.

La seconde lettre du père Buzzi est précédée d'une brève présentation du missionnaire par le journaliste:

Le père Buzzi, 71 ans, originaire du diocèse de Milan, est en mission au Bangladesh sans interruption depuis 1975. Il correspond pleinement au profil idéal de prêtre catholique que le Pape François esquisse dans ses discours et dans ses homélies : le prêtre d’une Église "qui part en mission" vers "toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile".

Mais c’est justement en observant, depuis sa "frontière" si lointaine, le courant d'opinion qui, dans les Églises du bien-être, est en train de s’affirmer en faveur de l’accès des divorcés remariés à la communion, qu’il voit à l’œil nu les dégâts que cette modification pourrait provoquer dans la pratique et dans la doctrine. Et il les décrit avec une lucidité et un réalisme que l’on rencontre rarement dans les discussions qui ont actuellement lieu à ce sujet.

Suit la seconde lettre du père Buzzi, dont voici l'extrait le plus significatif:

13. Si l’on donne la communion aux divorcés remariés, cela veut dire qu’ils n’ont même plus besoin de se confesser, parce que ce n’est plus un péché. Par conséquent le neuvième commandement saute. Mais le sixième commandement saute également.

14. Si on tolère cela, alors il est également possible de recevoir la communion sans s’être confessé même lorsque l’on a commis d’autres péchés graves. Et les autres commandements sautent aussi.

15. Si l’on procède de cette manière, alors tout saute. Le Nouveau Testament et aussi l’Ancien. Il faut refaire toute la morale, la patristique. Il faut comprendre ce qui est un péché et ce qui ne l’est pas. Les notions de crime et de péché disparaissent.

16. Il n’y a pas de commune mesure entre ce fait de permettre aux divorcés remariés de communier et les grandes et graves conséquences en termes de désorientation et de réactions qu’il entraînerait dans l’Église et dans le monde. Pour beaucoup de gens, ce sera trop douloureux à accepter. Je pense que si on laisse les choses en l’état, on ne perd rien. Au contraire, si l’on introduit cette concession, cela pourrait avoir des conséquences, et des conséquences graves. Chez les anglicans il y a eu une scission lorsque certaines décisions, qui allaient contre la conscience d’un grand nombre d’entre eux, ont été prises à la majorité.

17. Il y a assez de paix dans l’Église catholique en ce moment.

18. Alors, ne donnons pas naissance à des schismes pour quelque chose d’aussi secondaire.

19. Il n’est pas bon de faire prendre à l’Église tout entière une direction dangereuse uniquement parce que j’ai lu un livre qui m’a plu et qui est écrit par un théologien ou par un moraliste qui soutient ces théories.

20. Est-ce que nous voulons mettre toute l’Église universelle dans l’état auquel sont réduites les Églises des Pays-Bas et de Belgique ?

21. Je ne pense pas qu’une mesure de ce genre permette d’avoir des églises aussi pleines qu’autrefois. Au contraire, beaucoup de ceux qui s’y rendent actuellement pourraient les déserter.

22. Dans les terres de mission, les catholiques sont, en gros, identifiés comme des gens qui ne se marient qu’une seule fois pour toujours, qui obéissent au Pape, et dont les prêtres et religieuses ne sont pas mariés. Et je ne vous dis pas quel avantage cela nous donne dans le travail d’évangélisation, par rapport aux protestants.

23. Pour cette raison, en cas de mariages mixtes avec des fidèles appartenant à d’autres dénominations chrétiennes, les jeunes filles, en particulier, veulent se marier selon le rite catholique, parce qu’elles savent que, dans ce cas-là, il s’agit d’un mariage unique et que l’on ne peut pas le rompre.

24. Je veux rester catholique. Je ne veux pas devenir anglican ou baptiste.

25. Nous voyons que les états et les grandes organisations sont tous soumis à une force mystérieuse qui tend vers le mal. La seule institution que l’on ne parvient pas à faire plier, qui tient tête et qui reste ferme sur les véritables valeurs de l’homme, c’est l’Église catholique. Tenons bon et ne troublons pas l’eau de notre fontaine. Un jour, lorsqu’ils seront fatigués et assoiffés, beaucoup d’hommes sauront où trouver un peu d’eau fraîche.

Cependant, avant d'aborder les points ci-dessus, le père Buzzi, plein de bonne volonté, avance une hypothèse qui repose sur un présupposé inexact:

Pourquoi la communion de désir ne pourrait-elle pas être considérée comme une véritable communion sacramentelle, comme le baptême de désir et la confession de désir pour des personnes qui sont à l’article de la mort ?

En réalité, le baptême de désir n'est pas considéré non plus comme un baptême sacramentel. Il est un moyen extraordinaire de salut qui repose sur la grâce insondable de Dieu et le désir pur et sincère de recevoir le baptême sacramentel pour une personne qui en a été matériellement empêchée, que ce soit parce que l'annonce du dépôt de la foi n'a pas été possible, ou parce que les circonstances ont rendu impossible le baptême qu'elle désirait avant sa mort. Le "baptême de désir" n'est donc pas un baptême sacramentel par le désir, mais un désir du baptême qui peut devenir un moyen extraordinaire du salut par le Christ à travers l’Église: l'incorporation au Christ par le désir du baptême. Ainsi, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a mis en ligne le 19 avril 2007 un texte qui donne l'explication suivante:

29. La croyance de l’Église catholique à la nécessité du baptême pour le salut fut énergiquement exprimée au concile de Florence en 1442, dans le décret pour les Jacobites: «Il n’est pas possible de porter secours [aux petits enfants] par un autre remède que par le sacrement du baptême, par lequel ils sont arrachés à la domination du diable et sont adoptés comme enfants de Dieu.» Cet enseignement suppose une perception très vive de la faveur divine manifestée dans l’économie sacramentelle instituée par le Christ; l’Église n’a connaissance d’aucun autre moyen qui assurerait de façon certaine aux petits enfants l’entrée dans la vie éternelle. Cependant, l’Église a également reconnu traditionnellement certaines substitutions au baptême d’eau (qui est l’incorporation sacramentelle dans le mystère du Christ mort et ressuscité), à savoir le baptême de sang (l’incorporation au Christ par le témoignage du martyre pour le Christ) et le baptême de désir (l’incorporation au Christ par le désir ou le souhait du baptême). (...) Le cas du baptême sacramentel est très différent, parce que le baptême sacramentel administré aux enfants obtient la grâce en vertu de ce qui est spécifiquement propre au sacrement en tant que tel, c’est-à-dire le don assuré de la régénération par la puissance du Christ lui-même.

> L'espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême (sur le site du Vatican)

L'autre inexactitude, exprimée ailleurs dans la lettre, consiste à parler du problème de l'accès à la Communion en termes de dignité de la personne. Le fait d'être "divorcé" et "remarié" ne rend pas ces personnes plus ou moins "dignes" de recevoir la Communion pour une question de mérite personnel, mais par ce choix de vie (le remariage, qui est un adultère selon la foi catholique), ils se sont placés eux-mêmes dans une situation de violation grave et permanente du Sacrement du mariage et de la Loi de Dieu dans sa dimension la plus essentielle (la fidélité de l'amour, et les Dix Commandements) qui a pour conséquence que la Communion, au lieu de leur apporter un secours spirituel, leur serait au contraire gravement nuisible et ne ferait qu'empirer une situation déjà douloureuse. Dans pareil cas, la véritable miséricorde consiste à les écarter de ce danger. Si celui qui mange indignement le Corps du Christ mange sa propre condamnation (1 Cor 11, 27-29), le terme "indignement" ne s'applique pas à la personne qui en serait intrinsèquement digne ou indigne, mais bien à son état présent, son attitude, ses intentions, ses actes, en un mot sa volonté d'accueillir en vérité le don gratuit de la grâce en se plaçant dans les conditions qui le permettent. Un retour est toujours possible, et ce retour aux sacrements consiste à rompre la seconde union, adultère, recevoir l'absolution sacramentelle, et s'engager à la fidélité au premier mariage, toujours valide et indissoluble, même si une reprise concrète de la vie conjugale est impossible.

De même que pour le baptême, ce qui est communément appelé communion spirituelle ou communion de désir n'est pas une Communion sacramentelle. Elle est un désir de recevoir la Communion, un désir sincère d'union à Dieu, dont l'un des principaux fruits à espérer est une véritable contrition, c'est-à-dire le regret des péchés et la résolution d'y renoncer pour l'amour de Dieu.

L'une des dimensions essentielles du Christianisme, parce que c'est la volonté clairement exprimée par Jésus Christ, est la réconciliation avec Dieu et avec le prochain. Ce devoir est un impératif encore plus profond entre les époux liés par un mariage sacramentel. Et c'est précisément la fidélité qui apporte la disponibilité du cœur nécessaire pour que la porte reste toujours ouverte à une véritable réconciliation conjugale.

 

> Actualités à propos du futur Synode sur la famille

 

> Déclaration du Conseil Pontifical pour les textes législatifs en accord avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements du 24 juin 2000

 

> Ne mangez pas votre condamnation

 

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