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04/03/2016

Cardinal Mercier : "Pour être heureux, revenez aux enseignements et à la foi de la vie chrétienne"

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Mes bien chers Frères, j'éprouve un vif désir de vous voir tous heureux. Si vous ne l'êtes pas, revenez donc, je vous en supplie, aux enseignement et reprenez la loi de la vie chrétienne. Là est la source du bonheur. Croyez-en saint Augustin qui avait passé par tant de déceptions avant d'avoir trouvé la paix et qui, l'ayant enfin découverte, s'écriait : "Notre coeur n'a point de repos, tant qu'il ne le prend pas en Dieu, Fecisti nos ad te Domine, et irrequietum est cor nostrum donec requiescat in te." Ecoutez la voix paternelle de note Saint-Père le Pape Pie X qui vous dit : "Si vous connaissiez la vie chrétienne, vous l'estimeriez et l'aimeriez." Ecoutez l'appel affectueux de notre bon Sauveur Jésus : "Venez à moi et suivez mes enseignements, discite a me ; suivez l'attrait de ma douceur et de mon humilité et je promets la paix à vos âmes, quia itis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris (Matth, XI, 29). Certes je vous demande  un acte de foi à ma puissance et à mon amour, il dépend de vous de me le donner ou de me le refuser, car je n'entends pas vous contraindre, je respecte votre liberté. Quand, au cours de ma vie mortelle, je m'offrais à guérir les malades, à rendre la vue aux aveugles, je commençais par leur demander un acte de foi ; avant de ressusciter Lazare, il me plaisait de mettre  à l'épreuve la foi de Marthe en lui disant : j'affirme que je suis la vie, j'ai le pouvoir de ressusciter les morts, croyez-vous cela ? Oui, Seigneur, répondit Marthe, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, qui avez daigné descendre au milieu de nous. Aussitôt après déclaration de foi, Lazare sortait du tombeau" (Joan. XI).

Il s'agit pour chacun de nous d'une expérience à faire. Je ne vous dirai pas avec Pascal : Tentez-la les yeux fermés ; si elle échoue, vous n'aurez rien perdu ; si elle réussit, vous aurez gagné l'infini. Le chrétien ne se soumet pas à un coup de dé. Il a des raisons de croire et ne croirait point s'il ne voyait qu'il est sage de le faire. Néanmoins aucune raison de croire ne lui ôte la liberté de refuser les avances divines. L'homme de génie aussi bien que l'homme du peuple trouve sa place et vit en paix dans l’Église, mais au premier comme au second Dieu demande d'abord un acte de filial abandon à sa divine Providence : "Si vous ne vous faites semblables aux petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu" (Matth XVIII 3).

Dieu n'exige, somme toute, de l'homme qu'une seule chose : la droiture intérieure. "Nous voulons, écrit Saint Jean, que vous soyez pleinement dans la joie, nous vous annonçons, c'est que Dieu est lumière et qu'il n'y a point en lui de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché" (I Joan. I, 5-7). Le bonheur, dit Saint Augustin, c'est la joie puisée dans la vérité, beata vita est gaudium de veritate (Conf. Liv. X, ch XXIII). Sois donc sincère avec toi-même, mon Frère, suis les lumières de ta conscience : elle te mettra de prime abord en présence d'un idéal de grandeur morale auquel elle te commandera de subordonner tes instincts et de plier tes passions ; elle te dira de placer les intérêts moraux de la famille, de la patrie, de l'humanité au-dessus des attraits de ton égoïsme ; elle te suggérera d'aimer les autres hommes comme des frères, et à mesure que tu t'appliqueras à les aimer tous, loyalement, effectivement, tu sentiras naître et grandir en toi l'amour de Dieu, car la paternité divine est le principe et l'unique garantie de la fraternité humaine. "Celui qui aime son frère demeure dans la lumière , et aucune occasion de chute n'est en lui. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux" (Matth. XXV, 35 et suiv.).

Le vrai chrétien n'est pas celui qui est baptisé, qui accomplit plus ou moins fidèlement un nombre plus ou moins considérable de pratiques religieuses, mais celui qui, conformant sa vie aux prescriptions évangéliques, aime Dieu comme son père, par-dessus toutes choses et son prochain comme son frère, par amour pour Dieu. Il est impossible d'aimer sincèrement le père de famille sans embrasser ses enfants dans le même amour. Ces deux amours sont si étroitement unis que le Dieu qui nous a fait une loi de l'aimer de toutes les énergies de notre âme nous avertit que le jugement final portera sur l'exercice envers nos frères (I Joan. II, 10, 11). Il est réconfortant, mes Frères, à l'heure des épreuves morales de la vie, de penser qu'il y a dans les joies triomphantes du paradis, dans les espérances douloureuses du purgatoire, au milieu des luttes présentes de l'humanité, des légions d'âmes qui, unies par les liens d'un même fraternel amour, vivifiées par un même esprit de paix, vinculum pacis, placent Dieu au-dessus de tous les biens de l'univers créé.

Source : Card. D-J Mercier. Discours et Mandements. Extraits des Œuvres Pastorales. Bruxelles : Dewit. 1914. 14-18.

03/03/2016

Neuvaine à Saint François Xavier, dite neuvaine de la grâce

Parmi les neuvaines les plus populairesde la tradition catholique, il en est une qui a mérité le surnom de « neuvaine de la grâce » tant les bénédictions et bienfaits divins ont répondu aux prières de ceux qui l’ont pratiquée.
C’est une neuvaine de prières adressées à Saint François-Xavier, le célèbre missionnaire jésuite du XVIe siècle, compagnon de Saint Ignace de Loyola, apôtre des Indes et de l’Extrême-Orient, céleste protecteur des missions catholiques.
La fête liturgique de Saint François-Xavier est célébrée le 3 décembre, toutefois cette neuvaine – qui peut bien sûr être faite en tout temps – se pratique spécialement du 4 au 12 mars, parce que ce sont les dates qui ont été indiquées par le Saint lui-même. Le 12 mars est, en effet, la date anniversaire de la canonisation de Saint François-Xavier (en 1622, en même temps que Saint Ignace de Loyola, Sainte Thérèse d’Avila, Saint Philippe Néri et Saint Isidore le laboureur).

 

Nicolas Poussin miracle de Saint François-Xavier

 

Nicolas Poussin (1594-1665) :
Saint François-Xavier ressuscitant la fille d’un habitant de Cangoxima (Japon).
Commandée en 1641 pour le maître-autel de la chapelle du noviciat des Jésuites du faubourg Saint-Germain, à Paris, cette toile fut acquise par Louis XV en 1763, lors de la suppression de la Compagnie,
et se trouve aujourd’hui au musée du Louvre.

 

Origine de la neuvaine :

 

En décembre 1633, à Naples, un jeune jésuite, le Père Marcello Mastrilli, qui attendait de partir pour la mission du Japon (l’une des plus périlleuses à l’époque, en raison d’une persécution particulièrement féroce), fut victime d’un grave accident : gravement blessé à la tête par la chute d’un objet lourd, il était entre la vie et la mort, lorsque saint François-Xavier lui apparut et l’invita à renouveler son vœu de partir en mission. Le saint ajouté : « Tous ceux qui imploreront mon aide chaque jour, pendant neuf jours consécutifs, du 4 au 12 mars, et recevront dignement les sacrements de pénitence et d’Eucharistie connaîtront ma protection et peuvent espérer avec pleine assurance obtenir de Dieu toute grâce demandée pour le bien de leur âme et la gloire de Dieu ».
La vision disparut. Le Père Mastrilli était parfaitement guéri.
Peu de temps après, il fut envoyé pour la mission du Japon, où il reçut la grâce du martyre (
17 octobre 1637).

 

D’abord pratiquée à Naples, dans le collège des jésuites où le miracle s’était produit, la neuvaine se répandit rapidement dans le royaume, dans toute l’Italie, à Rome puis dans toute la Chrétienté, en raison des abondants fruits de grâce qu’elle obtenait.
Elle fut encouragée par plusieurs Souverains Pontifes qui l’enrichirent de précieuses indulgences.

 

Poussin -Miracle de saint François-Xavier - détail 1

 

Nicolas Poussin : le miracle de Saint François-Xavier – détail.

 

Prière de la neuvaine :

 

Saint très aimable et plein de charité, Saint François-Xavier, j’adore respectueusement avec vous la Majesté Divine, et parce que je me complais singulièrement dans la pensée des dons éminents de grâce qu’Elle vous a départis pendant votre vie, et de gloire après votre mort, je Lui en rends les plus ferventes actions de grâces, et je vous supplie, de tout mon cœur, de m’obtenir par votre puissante intercession la grâce si importante pour moi de vivre et de mourir saintement ; je vous supplie de m’obtenir aussi… (ici on mentionne la grâce spirituelle ou temporelle que l’on désire obtenir)
Mais, si ce que je vous demande n’est point selon la Gloire de Dieu et le plus grand bien de mon âme, obtenez-moi ce qu’il y a de plus conforme à l’un et à l’autre.

 

Ainsi soit-il.

 

Il est coutume d’ajouter aussi :
V. : Priez pour nous, Saint François-Xavier.
R. : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

O Dieu qui, par la prédication et les miracles de Saint François-Xavier, avez réuni à Votre Eglise les nations des Indes, accordez-nous, nous Vous en supplions, que, vénérant ses glorieux mérites, nous imitions aussi l’exemple de ses vertus, nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

 

Ainsi soit-il !

 

On ajoute enfin 5 Pater noster, 5 Ave Maria et 5 Gloria Patri.

 

Poussin - Miracle de saint François-Xavier détail 2

 

Nicolas Poussin : miracle de Saint François-Xavier – détail

 

Texte latin :

 

Novemdiales preces a gratia nuncupatæ in honorem Sancti Francisci Xaverii, Indiarum Apostoli (dicendæ a die iv ad diem xii mensis martii)

 

O valde amabilis et caritate plene, sancte Francisce Xaveri, tecum Maiestatem divinam reverenter adoro ; et quoniam summopere gaudeo, de singularibus gratiæ donis, quæ ipsa tibi contulit in hac vita, et gloriæ post mortem, Ei máximas ago gratias, teque toto cordis affectu deprecor, ut efficaci tua intercessione præcipuam mihi gratiam velis obtinere sanctam vitam agendi sancteque moriendi. Insuper te rogo, ut mihi impetres … (hic exprimatur gratia sive spiritualis sive temporalis imploranda). Si vero id, quod a te suppliciter peto, ad Dei gloriam et ad maius bonum animæ meæ minime confert, tu, quæso, mihi impetres quod utrique est utilius. Amen.

 

Pater, Ave et Gloria (quinquies)

 

V. Ora pro nobis, sancte Francisce Xaveri.
R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus. Deus, qui Indiarum gentes beati Francisci prædicatione et miraculis Ecclesiæ tuæ aggregare voluisti : concede propitius ; ut, cuius gloriosa merita veneramur, virtutum quoque imitemur exempla. Per Christum Dominum nostrum. R. Amen.

Neuvaine à Saint François Xavier

02/03/2016

Saint Joseph, "Patron de l'Eglise Catholique"

(Lettre de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval)
 
Saint Joseph est «un protecteur de choix». En effet, «Joseph a été le gardien, l'économe, l'éducateur, le chef de la famille dans laquelle le Fils de Dieu a voulu vivre sur terre. Il a été, en un mot, le protecteur de Jésus. Et l'Église, dans sa sagesse, a conclu: s'il a été le protecteur du corps, de la vie physique et historique du Christ, au Ciel Joseph sera certainement le protecteur du Corps mystique du Christ, c'est-à-dire de l'Église» (Paul VI, 19 mars 1968). Le patronage de saint Joseph, affirme le Pape Jean-Paul II, «doit être invoqué, et il est toujours nécessaire à l'Église, non seulement pour la défendre contre les dangers sans cesse renaissants mais aussi et surtout pour la soutenir dans ses efforts redoublés d'évangélisation du monde et de nouvelle évangélisation des pays et des nations où la religion et la vie chrétienne étaient autrefois on ne peut plus florissantes et qui sont maintenant mis à dure épreuve» (Exhortation Apostolique Redemptoris Custos, 15 août 1989, n. 29).

> Lire la lettre de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval sur Saint Joseph

Extraits publiés avec l'autorisation de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval, requise et nécessaire pour toute reproduction complète ou partielle de la Lettre de l'Abbaye sur un site internet ou un support papier.

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> Mois de Saint Joseph sur Espérance Nouvelle

01/03/2016

Litanies de Saint Joseph

Le mois de mars étant le mois de Saint Joseph, n'hésitons pas à avoir davantage recours à son intercession !

saint joseph.jpgSeigneur, ayez pitié de nous. (bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. (bis)
Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)
Jésus-Christ, écoutez-nous. (bis)
Jésus-Christ, exaucez-nous. (bis)

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Saint Joseph, priez pour nous.
Illustre descendant de David, priez pour nous.
Lumière des Patriarches, priez pour nous.
Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous.
Chaste gardien de la Vierge, priez pour nous.
Nourricier du fils de Dieu, priez pour nous.
Zélé défenseur de Jésus, priez pour nous.
Chef de la Sainte Famille, priez pour nous.
Joseph très juste, priez pour nous.
Joseph très chaste, priez pour nous.
Joseph très prudent, priez pour nous.
Joseph très courageux, priez pour nous.
Joseph très obéissant, priez pour nous.
Joseph très fidèle, priez pour nous.
Miroir de patience, priez pour nous.
Ami de la pauvreté, priez pour nous.
Modèle des travailleurs, priez pour nous.
Gloire de la vie de famille, priez pour nous.
Gardien des vierges, priez pour nous.
Soutien des familles, priez pour nous.
Consolation des malheureux, priez pour nous.
Espérance des malades, priez pour nous.
Patron des mourants, priez pour nous.
Terreur des démons, priez pour nous.
Protecteur de la Sainte Eglise, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

V. Il l'a établi le chef de sa maison.

R. Et l'intendant de tous ses biens.

Prions.

O Dieu, qui, par une providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux Joseph, pour être l'époux de votre Sainte Mère, faites, nous vous en prions, que, l'honorant ici-bas comme protecteur, nous méritions de l'avoir pour intercesseur dans le ciel. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

> Quamquam Pluries - Lettre encyclique sur le patronage de Saint Joseph

29/02/2016

"Lettres de mon moulin" : La conversion passe par la confession !


Tous les ans, à la Chandeleur les poètes provençaux publient en Avignon un joyeux petit livre rempli jusqu’aux bords de beaux vers et de jolis contes. Celui de cette année m’arrive à l’instant, et j’y trouve un adorable fabliau que je vais essayer de vous traduire en l’abrégeant un peu… Parisiens, tendez vos mannes. C’est de la fine fleur de farine provençale qu’on va vous servir cette fois…

L’abbé Martin était curé… de Cucugnan.

Bon comme le pain, franc comme l’on il aimait paternellement ses Cucugnanais ; pour lui, son Cucugnan aurait été le paradis sur terre, si les Cucugnanais lui avaient donné un peu plus de satisfaction. Mais, hélas ! les araignées filaient dans son confessionnal, et, le beau jour de Pâques, les hosties restaient au fond de son saint ciboire.

Le bon prêtre en avait le coeur meurtri, et toujours il demandait à Dieu la grâce de ne pas mourir avant d’avoir ramené au bercail son troupeau dispersé.

Or, vous allez voir que Dieu l’entendit.

Un dimanche, après l’Évangile, M. Martin monta en chaire.

– Mes frères, dit-il, vous me croirez si vous voulez : l’autre nuit, je me suis trouvé, moi misérable pécheur, à la porte du paradis.

« Je frappai : saint Pierre m’ouvrit !

«- Tiens ! c’est vous, mon brave monsieur Martin, me fuit ; quel bon vent… ? et qu’y a-t-il pour votre service ?

«- Beau saint Pierre, vous qui tenez le grand livre et la clef, pourriez-vous me dire, si je ne suis pas trop curieux, combien vous avez de Cucugnanais en paradis ?

«- Je n’ai rien à vous refuser, monsieur Martin ; asseyez-vous, nous allons voir la chose ensemble.

« Et saint Pierre prit son gros livre, l’ouvrit, mit ses besicles :

«- Voyons un peu : Cucugnan, disons-nous. Cu… Cu… Cucugnan. Nous y sommes. Cucugnan… Mon brave monsieur Martin, la page est toute blanche. Pas une âme… Pas plus de Cucugnanais que d’arêtes dans une dinde.

«- Comment ! Personne de Cucugnan ici ? Personne ? Ce n’est pas possible ! Regardez mieux…

«- Personne, saint homme. Regardez vous-même si vous croyez que je plaisante.

« Moi, pécaïre!,je frappais des pieds, et les mains jointes, je criais miséricorde.

Alors, saint Pierre :

«- Croyez-moi, monsieur Martin, il ne faut pas ainsi vous mettre le coeur à l’envers, car vous pourriez en avoir quelque mauvais coup de sang. Ce n’est pas votre faute, après tout. Vos Cucugnanais, voyez-vous, doivent faire à coup sûr leur petite quarantaine en purgatoire.

«- Ah ! par charité, grand saint Pierre! faites que je puisse au moins les voir et les consoler

«- Volontiers, mon ami… Tenez, chaussez vite ces sandales, car les chemins ne sont pas beaux de reste… Voilà qui est bien… Maintenant, cheminez droit devant vous. Voyez-vous là-bas, au fond, en tournant ? Vous trouverez une porte d’argent toute constellée de croix noires… à main droite… Vous frapperez, on vous ouvrira… Adessias ! Tenez-vous sain et gaillardet.

« Et je cheminai… je cheminai ! Quelle battue! j’ai la chair de poule, rien que d’y songer. Un petit sentier, plein de ronces, d’escarboucles qui luisaient et de serpents qui sifflaient, m’amena jusqu’à la porte d’argent.

«- Pan ! pan !

«- Qui frappe ? me fait une voix rauque et dolente.

«- Le curé de Cucugnan.

«- De… ?

«- De Cucugnan.

«- Ah !… Entrez.

« J’entrai. Un grand bel ange, avec des ailes sombres comme la nuit, avec une robe resplendissante comme le jour, avec une clef de diamant pendue à sa ceinture, écrivait, cra-cra, dans un grand livre plus gros que celui de saint Pierre…

«- Finalement, que voulez-vous et que demandez-vous ? dit l’ange.

«- Bel ange de Dieu, je veux savoir, – je suis bien curieux peut-être, – si vous avez ici les Cucugnanais.

«- Les… ?

«- Les Cucugnanais, les gens de Cucugnan… que c’est moi qui suis leur prieur.

«- Ah ! I’abbé Martin, n’est-ce pas ?

«- Pour vous servir monsieur l’ange.

«- Vous dites donc Cucugnan…

« Et l’ange ouvre et feuillette son grand livre, mouillant son doigt de salive pour que le feuillet glisse mieux…

«- Cucugnan, dit-il en poussant un long soupir… Monsieur Martin, nous n’avons en purgatoire personne de Cucugnan.

«- Jésus! Marie! Joseph! personne de Cucugnan en purgatoire ! ô grand Dieu ! où sont-ils donc ?

«- Eh ! saint homme, ils sont en paradis. Où diantre voulez-vous qu’ils soient ?

«- Mais j’en viens, du paradis…

«- Vous en venez ! !… Eh bien ?

«- Eh bien ! ils n’y sont pas !… Ah ! bonne. mère des anges !…

«- Que voulez-vous, monsieur le curé ! s’ils ne sont ni en paradis ni en purgatoire, il n’y a pas de milieu, ils sont…

«- Sainte croix ! Jésus, fils de David ! Aï! aï! aï! est-il possible?… Serait-ce un mensonge du grand saint Pierre ?… Pourtant je n’ai pas entendu chanter le coq !… Aï! pauvres nous ! Comment irai-je en paradis si mes Cucugnanais n’y sont pas ?

«- Écoutez, mon pauvre monsieur Martin, puisque vous voulez, coûte que coûte, être sûr de tout ceci, et voir de vos yeux de quoi il retourne, prenez ce sentier, filez en courant, si vous savez courir… Vous trouverez, à gauche, un grand portail. Là, vous vous renseignerez sur tout. Dieu vous le donne !

« Et l’ange ferma la porte.

« C’était un long sentier tout pavé de braise rouge. Je chancelais comme si j’avais bu ; à chaque pas, je trébuchais ; j’étais tout en eau, chaque poil de mon corps avait sa goutte de sueur, et je haletais de soif… Mais, ma foi, grâce aux sandales que le bon saint Pierre m’avait prêtées, je ne me brûlais pas les pieds.

« Quand j’eus fait assez de faux pas clopin-clopant, je vis à ma main gauche une porte… non, un portail, un énorme portail, tout bâillant, comme la porte d’un grand four Oh ! mes enfants, quel spectacle ! Là, on ne demande pas mon nom ; là, point de registre. Par fournées et à pleine porte, on entre là, mes frères, comme le dimanche vous entrez au cabaret. « Je suais à grosses gouttes, et pourtant j’étais transi, j’avais le frisson. Mes cheveux se dressaient. Je sentais le brûlé, la chair rôtie, quelque chose comme l’odeur qui se répand dans notre Cucugnan quand Éloy, le maréchal, brûle pour la ferrer la botte d’un vieil âne. Je perdais haleine dans cet air puant et embrasé ; j’entendais une clameur horrible, des gémissements, des hurlements et des jurements.

«- Eh bien, entres-tu ou n’entres-tu pas, toi ? – me fait, en me piquant de sa fourche, un démon cornu.

«- Moi ? Je n’entre pas. Je suis un ami de Dieu.

«- Tu es un ami de Dieu… Eh ! b… de teigneux ! que viens-tu faire ici ?…

«- Je viens… Ah ! ne m’en parlez pas, que je ne puis plus me tenir sur mes jambes… Je viens… je viens de loin… humblement vous demander… si… si, par coup de hasard… vous n’auriez pas ici… quelqu’un… quelqu’un de Cucugnan…

– Ah ! feu de Dieu ! tu fais la bête, toi, comme si tu ne savais pas que tout Cucugnan est ici. Tiens, laid corbeau, regarde, et tu verras comme nous les arrangeons ici, tes fameux Cucugnanais…

« Et je vis, au milieu d’un épouvantable tourbillon de flamme :

« Le long Coq-Galine,

– vous l’avez tous connu, mes frères,

– Coq-Galine, qui se grisait si souvent, et si souvent secouait les puces à sa pauvre Clairon.

« Je vis Catarinet… cette petite gueuse… avec son nez en l’air… qui couchait toute seule à la grange… Il vous en souvient, mes drôles !… Mais passons, j’en ai trop dit.

« Je vis Pascal Doigt-de-Poix, qui faisait son huile avec les olives de M. Julien.

« Je vis Babet la glaneuse, qui, en glanant, pour avoir plus vite noué sa gerbe, puisait à poignées aux gerbiers.

« Je vis maître Grapasi, qui huilait si bien la roue de sa brouette. « Et Dauphine, qui vendait si cher l’eau de son puits.

« Et le Tortillard, qui, lorsqu’il me rencontrait portant le bon Dieu, filait son chemin, la barrette sur la tête et la pipe au bec… et fier comme Artaban… comme s’il avait rencontré un chien.

« Et Coulau avec sa Zette, et Jacques et Pierre, et Toni… »

Ému, blême de peur, l’auditoire gémit, en voyant, dans l’enfer tout ouvert, qui son père et qui sa mère, qui sa grand-mère et qui sa soeur…

– Vous sentez bien, mes frères, reprit le bon abbé Martin, vous sentez bien que ceci ne peut pas durer. J’ai charge d’âmes, et je veux, je veux vous sauver de l’abîme où vous êtes tous en train de rouler tête première. Demain je me mets à l’ouvrage, pas plus tard que demain. Et l’ouvrage ne manquera pas ! Voici comment je m’y prendrai. Pour que tout se fasse bien, il faut tout faire avec ordre. Nous irons rang par rang, comme à Jonquières quand on danse.

« Demain lundi, je confesserai les vieux et les vieilles. Ce n’est rien.

« Mardi, les enfants. J’aurai bientôt fait.

« Mercredi, les garçons et les filles. Cela pourra être long.

« Jeudi, les hommes. Nous couperons court.

« Vendredi, les femmes. Je dirai : Pas d’histoires !

« Samedi, le meunier !… Ce n’est pas trop d’un jour pour lui tout seul…

« Et, si dimanche nous avons fini, nous serons bien heureux.

« Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire. Voilà assez de linge sale, il s’agit de le l’aven et de le bien laver.

« C’est la grâce que je vous souhaite. Amen ! »

Ce qui fut dit fut fait. On coula la lessive. Depuis ce dimanche mémorable, le parfum des vertus de Cucugnan se respire à dix lieues à l’entour.

Et le bon pasteur M. Martin, heureux et plein d’allégresse, a rêvé l’autre nuit que, suivi de tout son troupeau, il gravissait, en resplendissante procession, au milieu des cierges allumés, d’un nuage d’encens qui embaumait et des enfants de choeur qui chantaient Te Deum, le chemin éclairé de la cité de Dieu.

Et voilà l’histoire du curé de Cucugnan, telle que m’a ordonné de vous le dire ce grand gueusard de Roumanille, qui la tenait lui-même d’un autre bon compagnon.

Source : Daudet, A. Lettre de mon Moulin

17/02/2016

"Celui qui habite sous la protection du Très-Haut reposera à l’ombre du Dieu du ciel." (Ps 90)

"Celui qui habite" : voilà la clé de ce psaume 90. Chant de combat, mais de combat spirituel dont tout l'enjeu est d'habiter, de demeurer en Dieu, de vivre avec lui, malgré toutes les tentations.

* Qui habitat in adiutorio Altissimi * in protectione Dei caeli commorabitur.
* Dicet Domino susceptor meus es tu et refugium meum * Deus meus sperabo in eum.
* Quoniam ipse liberabit me de laqueo venantium * et a verbo aspero.
* Scapulis suis obumbrabit tibi * et sub pinnis eius sperabis.
* Scuto circumdabit te veritas eius * non timebis a timore nocturno.
* A sagitta volante in die * a negotio perambulante in tenebris * ab incursu et daemonio meridiano.
* Cadent a latere tuo mille * et decem milia a dextris tuis * ad te autem non appropinquabit.
* Quoniam tu es Domine spes mea * Altissimum posuisti refugium tuum.
* Quoniam angelis suis mandabit de te * ut custodiant te in omnibus viis tuis.
* In manibus portabunt te * ne forte offendas ad lapidem pedem tuum.
* Super aspidem et basiliscum ambulabis * et conculcabis leonem et draconem.
* Quoniam in me speravit et liberabo eum * protegam eum quia cognovit nomen meum.
* Invocabit me et ego exaudiam eum * cum ipso sum in tribulatione * eripiam eum et clarificabo eum.
* Longitudine dierum replebo eum * et ostendam illi salutare meum.

* Celui qui habite sous la protection du Très-Haut reposera à l’ombre du Dieu du ciel.
* Il dira au Seigneur : « Vous êtes mon protecteur et refuge, mon Dieu en qui j'espérerai. »
* Car c’est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs et des paroles amères.
* Il te couvrira de ses ailes, et sous ses ailes tu espèreras.
* Sa vérité t'entourera comme un bouclier, tu ne craindras pas les terreurs de la nuit.
* Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni l'ennemi qui rôde dans les ténèbres, ni l'ennemi qui attaque en plein midi.
* Il en tombera mille à ta gauche, dix mille à ta droite ; et toi, tu ne seras pas atteint.
* Car Dieu a ordonné à ses anges de te garder en toutes tes voies.
* Ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
* Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
* Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai ; parce qu'il a connu mon nom, je le protégerai.
* Il m’invoquera et moi, je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.
* Je le délivrerai et je le glorifierai ; je le comblerai de longs jours, et je lui manifesterai mon salut. »

(Missel quotidien complet, Le Barroux : Editions Sainte-Madeleine. 2013. 198-200.)

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12/02/2016

L'entrée en Carême avec Saint Léon le Grand

St Léon le Grand.jpgNous possédons douze sermons que le pape saint Léon le Grand (440-461) a prononcés au début du Carême, à l’occasion du premier dimanche. Les idées qu’il y développe, les conseils qu’il y donne, sont une expression authentique de la tradition de l’Église pour la pratique de ce temps liturgique. Sans doute en avait-il reçu les éléments des Pères qui l’ont précédé, saint Augustin surtout, mais on peut dire qu’il leur a donné un tour achevé, dans cette belle langue oratoire qui est la sienne, encore proche du latin classique. Ces idées, ces conseils, sont simples et peu nombreux, la doctrine en est ferme, éloignée des subtilités philosophiques ou théologiques auxquelles son esprit, avant tout pratique, était peu porté ; l’expression en est multiforme, car il revient souvent sur les mêmes sujets et ne craint pas de se répéter ; aussi nous est-il facile de choisir parmi les textes ceux qui conviennent le mieux à notre dessein, lequel sera de rechercher dans quelles dispositions doit se mettre le chrétien abordant le Carême, s’il veut retirer de la pratique de ce temps salutaire tout le fruit spirituel qu’on en peut attendre.

Qu'est-ce que le carême ?

Et tout d’abord saint Léon donne-t-il des définitions du Carême ? Si oui, elles pourront nous éclairer sur l’idée qu’il s’en fait. Effectivement, il l’appelle un « service plus empressé du Seigneur » (1,3)[1], une « compétition de saintes œuvres » (ibid.), un « stade où l’on combat par le jeûne » (1,5), un « accroissement de toute la pratique religieuse » (II, 1), un « temps où la guerre est déclarée aux vices, où s’accroît le progrès de toutes les vertus » (II, 2), « le plus grand et le plus sacré des jeûnes » (IV, 1 ; XI, 1), un « entraînement de quarante jours » (IV, 1), les « jours mystiques et consacrés aux jeûnes salutaires » (IV, 2), les jours « plus spécialement marqués par le mystère de la restauration humaine » (VI, 1), etc. Autant d’expressions qui suggèrent les idées d’exercice, de lutte, de ferveur religieuse, d’espérance aussi. Nous allons les retrouver, ces idées, tout au long de l’analyse détaillée qu’il nous faut entreprendre maintenant.

 

Il faut se réveiller par l'attention

En premier lieu, c’est un appel à l’attention, à l’intérêt, au désir, que saint Léon, avec la liturgie du premier dimanche, adresse à son auditeur, l’empruntant à l’Apôtre : « C’est maintenant le temps vraiment favorable, c’est aujourd’hui le jour du salut. » Sans doute c’est en tout temps que Dieu nous appelle, c’est en tout temps que « la grâce de Dieu nous ménage l’accès à sa miséricorde » (IV, 1). Cependant cette grâce est plus abondante à présent, car nous allons nous préparer à célébrer le plus grand de tous les mystères, plus grand que toutes ses préparations, le mystère de notre Rédemption, « vers lequel convergent tous les sacrements de la divine miséricorde » (XI, 4). Or l’appel d’en haut ne s’adresse pas seulement à ceux qui vont recevoir à Pâques le sacrement de la régénération, et « passer à une vie nouvelle par le mystère de la mort et de la résurrection du Christ » (V, 3) ; non, cet appel retentit pour tous les membres du peuple chrétien :

Les uns ont besoin de cette sanctification pour recevoir ce qu’ils ne possèdent pas encore, les autres pour conserver ce qu’ils ont déjà reçu (ibid.).

Certes un mystère si sublime, à l’influence duquel nul temps de l’année n’échappe, devrait être constamment présent à l’esprit des chrétiens, et exigerait une dévotion sans défaillance et un respect sans relâche, en sorte que nous demeurions toujours, sous le regard de Dieu, tels que nous devrions nous trouver en la fête même de Pâques. Mais une telle vertu n’est le fait que d’un petit nombre : les pratiques plus austères se relâchent par suite de la faiblesse de la chair et le zèle se détend au milieu des activités variées de cette vie ; il est dès lors inévitable que les âmes pieuses elles-mêmes se laissent ternir par la poussière du monde (IV, 1).

saint Léon le Grand.jpgOr ne croyons pas que ces impuretés ne soient que superficielles ; elles entrent en nous plus avant que nous ne le soupçonnons :

A quoi bon une recherche extérieure qui affiche les apparences de l’honorabilité, si l’intérieur de l’homme est souillé par l’infection de quelque vice ? Donc tout ce qui ternit la pureté de l’âme et le miroir de l’esprit doit être soigneusement effacé et en quelque sorte gratté pour que l’on retrouve l’éclat premier (II1, 1).

Nous ne devrons donc pas nous contenter de rechercher une correction tout extérieure, non, il va falloir pénétrer dans les replis du cœur, et, s’il faut « gratter » le miroir de l’âme que les fautes et les négligences ont laissé se ternir, cela n’ira pas sans souffrance.

Or si cela est nécessaire aux âmes les plus délicates, combien davantage doivent le rechercher celles qui ont passé presque tout le temps de l’année avec plus de confiance en elles-mêmes ou peut-être plus de négligence (V, 3) ?

D’où l’utilité pour tous de l’institution divine du carême, institution éminemment bienfaisante qui a prévu, pour rendre la pureté à nos âmes, le remède d’un entraînement de quarante jours au cours duquel les fautes des autres temps pussent être rachetées par les bonnes œuvres et consumées par les saints jeûnes (IV, 1).

Utilité pour tous, avons-nous dit, car c’est à tous que s’adresse l’avertissement du Prophète : « Préparez la route du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » C’est, en effet, un « passage » de Dieu, la Pâque, et malheur à qui n’y est pas attentif !

Se reprendre en main par la résolution

En vue de ce passage, que toute vallée soit comblée, continue le Prophète, toute montagne ou colline abaissée ; que les chemins tortueux deviennent droits et les rocailleux unis. Or la vallée signifie la douceur des humbles, la montagne et la colline l’élèvement des superbes (VII, 1).

Il faut arriver à ce résultat que, sur ces hauteurs aplanies, le pied puisse se poser sans craindre les chutes et que les chemins n’offrent plus rien de tortueux : ce sera alors une joie d’avancer pour celui qui foulera une route affermie par l’empierrement des vertus et non un chemin rendu mouvant par le sable des vices.

L’âme a été rendue mouvante et versatile par les habitudes vicieuses, il va falloir l’affermir par les habitudes des vertus. Car le péché originel et les fautes personnelles ont déséquilibré la créature raisonnable faite à l’image de Dieu dans la rectitude. L’âme spirituelle doit reconquérir son empire naturel qui est tout l’homme ; faute de quoi, c’est l’anarchie et rien de bon ne se fait. Saint Léon, après saint Paul, trace un tableau des luttes d’influences qui se livrent en nous :

Il se livre en nous bien des combats : autres sont les visées de la chair sur l’esprit, autres celles de l’esprit sur la chair. Que, dans cette lutte, les convoitises du corps soient les plus fortes, et la volonté raisonnable perdra honteusement la dignité qui lui est propre, et, pour son plus grand malheur, deviendra l’esclave de celui qu’elle était faite pour commander. Si au contraire l’esprit soumis à son Souverain et prenant plaisir aux faveurs célestes foule aux pieds les provocations des voluptés terrestres et ne permet pas au péché de régner dans son corps mortel, la raison alors gardera le rang qui lui convient par excellence, le premier… Car il n’y a pour l’homme de vraie paix et de vraie liberté que lorsque son corps est soumis à l’âme comme à son juge et l’âme conduite par Dieu comme par son supérieur (1, 2).

Voilà donc l’objectif tracé : rétablir toutes choses à leur place et rétablir l’homme dans la paix qui est « tranquillité de l’ordre » ; en somme l’unifier, car tous les vices sont des manifestations individualistes qui s’opposent autant à l’unité intérieure qu’à l’unité des saints, où tous sont épris de la même chose, tous ont le même sentiment, où il n’y a place ni pour les superbes, ni pour les envieux, ni pour les avares (X, 2).

 

Pour lire tous les points de l'article :

 

Source : L'entrée en Carême avec Saint Léon le Grand

10/02/2016

Carême: conseils du Cardinal Mercier au sujet de la mortification chrétienne

 

 

 > "De la mortification chrétienne", Brefs et simples conseils du Cardinal Mercier

25/01/2016

Rendre témoignage à la vérité : l’homélie de Mgr Athanasius Schneider à Bruxelles, en français

Athanasius Schneider, Mgr Schneider

Sermon en français de Monseigneur Athanasius Schneider, évêque d’Asie centrale, prononcé au cours de la Messe pontificale au faldistoire qu’il a célébrée le dimanche 17 janvier 2016 en l’église Saints-Jean-et-Étienne aux Minimes, à Bruxelles, à l’invitation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

 

Photo: Espérance Nouvelle 2016
Enregistrement: Espérance Nouvelle 2016
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26/12/2015

26 décembre : l'Eglise fête Saint Etienne (Ie siècle)

Santo_Stefano_M.jpgÉtienne fut-il disciple de Jésus-Christ ou converti par les prédications des Âpôtres ? On l’ignore, mais il est certain qu'il se fit promptement remarquer par ses vertus, et mérita d'être le chef des sept diacres élus par les Âpôtres pour les aider dans les fonctions secondaires de leur ministère.

Le récit de son élection, de sa prédication et de son martyre lui attribue cinq plénitudes :

1.     Il était plein de foi, parce qu'il croyait fermement tous les mystères et qu'il avait une grâce spéciale pour les expliquer.

2.     Il était plein de sagesse, et nul ne pouvait résister aux paroles qui sortaient de sa bouche.

3.     Il était plein de grâce, montrant dans tous ses actes une ferveur toute céleste et un parfait amour de Dieu.

4.     Il était plein de force, comme son martyre en fut la preuve éloquente.

5.     Enfin il était plein du Saint-Esprit, qu'il avait reçu au cénacle par l'imposition des mains des Âpôtres.

 
Tant de vertus ne tardèrent pas à produire dans Jérusalem d'abondants fruits de salut. Étienne, élevé à l'école de Gamaliel, dans toute la science des Juifs, avait même une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie ; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple.

Étienne fut traîné devant le Conseil, répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. À ce moment le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance.

Afin de rendre leur conduite plus coupable, Dieu fit un nouveau miracle ; le ciel s'entrouvrit et le saint, levant les yeux en haut, s'écria avec ravissement : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. »

À ces mots ses ennemis ne se contiennent plus ; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur. Étienne, calme et souriant, invoquait Dieu et disait : « Seigneur, reçois mon esprit !... Seigneur, ne leur impute point ce péché. »

Saul, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux. « Si Étienne n'avait pas prié, dit saint Augustin, nous n'aurions pas eu saint Paul. »

 

Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :

>>> Étienne, le Protomartyr

[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

Source : L'Evangile au Quotidien