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23/04/2017

Dimanche de la divine Miséricorde

Quels sont les différents noms traditionnels pour ce dimanche ?

Ce dimanche avait trois noms différents :

- "Octave de Pâques" ou "Pâques closes" : parce que ce jour est le huitième après Pâques.

- Dimanche in albis depositis : en souvenir de la cérémonie de la veille, où les néophytes avaient déposé leurs vêtements blancs.

- Dimanche de Quasimodo : en raison des premiers mots de l'introït.

Pourquoi l'appelle-t-on aussi "dimanche de la divine miséricorde" ?

Comme pour plusieurs autres fêtes, notre Seigneur a lui-même demandé, par l'intermédiaire d'une sainte religieuse (sainte Faustine), que soit instituée ce dimanche la fête de la divine miséricorde. Le pape Jean-Paul II y a répondu en l'an 2000.

"Je désire que la fête de la miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces ; qu'aucune âme n'ait peur de s'apporcher de moi, même si ses péchés sont comme de l'écarlate. " (Jésus à Sainte Faustine)

 

Qu'est-ce que la Miséricorde ?

Selon l'étymologie, c'est un cœur qui se penche vers la misère. C'est le cœur de Dieu qui se penche vers ses créatures pour les ramener à Lui et ls serrer dans son cœur. "La miséricorde est le noyau central du message évangélique, c'est le nom même de Dieu, le visage par lequel il s'est révélé dans l'ancienne Alliance et pleinement en Jésus-Christ, incarnation de l'Amour créateur et rédempteur." (Benoît XVI)

Comment la recevoir ?

Pour recevoir la miséricorde, nous devons reconnaître nos fautes et les regretter, avec le ferme propos de nous en corriger. Le meilleur moyen pour la recevoir étant de l'exercer soi-même envers les autres : par des actes, des paroles ou la prière. "Si l'âme ne fait aucun acte de miséricorde quel qu'il soit, elle n'obtiendra pas ma miséricorde au jour du Jugement. Oh, si les âmes savaient amasser les trésors éternels, elles ne seraient pas jugées : elles devanceraient mon jugement par la miséricorde. " (Jésus à sainte Faustine)

Quelle prière Jésus nous a-t-il enseignée ?

Jésus a enseigné à Sainte Faustine un chapelet particulier. Quiconque le dira sera l'objet d'une grande miséricorde à l'heure de sa mort. On peut le réciter sur un chapelet ordinaire avec les prières usuelles au début : Notre Père.. puis :

- sur les gros grains : "Père Éternel, je vous offre le Corps et le Sang, l'Âme et la Divinité de votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier."

- sur les petits grains : "Par sa douloureuse Passion, ayez pitié de nous et du monde entier."

- pour terminer, 3 fois : "Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Éternel, ayez pitié de nous et du monde entier."

 

"Plus la misère de l'âme est grande, plus celle-ci aura droit à ma miséricorde... La source de ma miséricorde a été largement ouverte sur la Crois par la blessure de la lance, et depuis elle coule pour toutes les âmes, sans aucune exception." (Paroles de Jésus à Sainte Faustine)

Source : Missel quotidien complet. Editions Sainte-Madelein - Le Barroux, 2013.

19/10/2016

12 conseils pour survivre comme famille catholique dans un milieu hérétique


30/05/2016

Prière apostolique

449_001.jpgNotre-Dame, Siège de la Sagesse, je ne veux pas jouir du seul bonheur de vivre avec Dieu; mais je désire le répandre et le donner aux autres.
Je vous offre ma vie et vous demande qu'elle soit fervente, droite et pure. - Je vous offre mes études et je tâcherai d'y exceller.
Je vous offre mon apostolat actuel auprès de mes camarades et son épanouissement plus tard, dans le poste d'influence que la Providence me destine.
Obtenez-moi, Vierge Sainte, obtenez à tous les jeunes la générosité joyeuse et le dévouement total au service de l’Église.
Faites de nous de bons chrétiens qui serviront le Christ pour qu'Il règne enfin sur nos familles, sur nos paroisses et sur la Belgique tout entière.

(extrait de Hosanna, 1950, p.121)

21/03/2016

Homélie de Saint Jean Chrysostome sur la "Grande Semaine" (II)

4. Ce qui s'est passé pendant la nuit, afin que l'affaire ne fît pas de bruit, ne causât aucune espèce de tumulte; car, les apôtres ne faisaient rien pour s'étaler en spectacle, ni pour acquérir de la gloire. Donc, le geôlier se jeta à ses pieds. Eh bien, que fait Paul ? Avez-vous bien compris le miracle? Avez-vous bien compris ce qu'il y a là d'étonnant, d'étrange? Considérez maintenant la sollicitude, considérez la bonté de Paul. « Il lui cria : Ne vous faites point de mal, car nous sommes tous ici. » (Act. XXI, 28.) Le geôlier l'avait enchaîné cruellement; l'Apôtre ne le laissa pas mourir d'une manière cruelle; il oublia son injure : « Nous sommes tous ici, » dit-il. Voyez la modestie ! il ne dit pas : ces choses merveilleuses, c'est aloi qui les ai faites; mais, que dit-il ? « Nous sommes tous ici. » Il se compte au nombre des prisonniers, notre Paul. Le geôlier, à cette vue, fut saisi d'admiration; le miracle le frappa de stupeur; il bénit Dieu, c'était une âme vraiment digne de la sollicitude et de la bonté de l'Apôtre, que ce geôlier; il ne considéra pas ce qui s'était passé, comme un prestige. Et pourquoi ne crut-il pas à un prestige? C'est qu'il les entendit chantant des hymnes au Seigneur; et un faiseur de prestiges ne chante jamais d'hymne au Seigneur. Il avait reçu beaucoup de faiseurs de prestiges en sa qualité de geôlier; mais jamais aucun d'eux n'avait fait chose pareille, n'avait fait tomber des liens, ni montré la même sollicitude. C'est que Paul voulait être enchaîné, et il ne prit pas la fuite, ne voulant pas causer la mort du geôlier.
Roi des Juifs.jpgCet homme s'était élancé, tenant dans ses mains un glaive et un flambeau; le démon voulait lui faire commettre un meurtre, pour prévenir sa conversion. Mais la voix retentissante de Paul conquit bien vite le salut de son âme; car, non-seulement il cria, ruais il lui dit d'une voix retentissante : « Nous sommes tous ici. » Le geôlier admira cette sollicitude, et celui qui n'était pas enchaîné, tomba aux pieds de celui qui était chargé de chaînes ; et que lui dit-il? « Seigneur, que faut-il que je fasse pour être sauvé? » (Act. XVI, 30.) Comment! c'est toi qui l'as enchaîné, et c'est toi qui te trouves dans l'embarras ? C'est toi qui lui as mis ses pieds dans une entrave de bois, et voilà que tu cherches la manière de te convertir et de te sauver? Voyez-vous la ferveur? voyez-vous le zèle empressé ? Pour cet homme, pas de délai; libre de crainte il ne se croit pas libre à l'égard de son bienfaiteur, mais tout de suite, il s'élance, il se jette sur le salut de son âme. C'était le milieu de la nuit; il ne dit pas : délibérons, laissons venir le jour, mais, tout de suite, il court à son salut. Cet homme est grand, se dit-il; il surpasse la nature humaine; j'ai vu la merveille qu'il a faite; j'ai admiré sa sollicitude pour moi; il a souffert, de moi, des maux sans nombre; exposé aux derniers malheurs, et me tenant dans ses mains, moi qui l'ai enchaîné, il peut me tuer; et, non-seulement il n'en fait rien, mais, au moment où je m'apprête à m'égorger moi-même, ou déjà je me perce de mon glaive, c'est lui qui m'arrête. Ce geôlier a eu raison de dire : « Seigneur, que faut-il que je fasse pour être sauvé? » Car, ce n'étaient pas seulement les miracles qui attiraient auprès des apôtres de nouveaux croyants, mais, avant leurs miracles, leur vie opérait sur les hommes. Voilà pourquoi l'Écriture dit : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils « voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père, qui est dans les cieux. » (Matth. V, 16.)
Avez-vous bien vu la ferveur du geôlier? Voyez maintenant la ferveur de Paul; il ne diffère pas; son zèle ne se ralentit pas; il est dans les fers, chargé d'entraves, couvert de blessures, et vite il l'instruit des mystères, et il instruit, avec lui, toute sa famille, et, après l'ablution spirituelle, après la table spirituelle, il lui sert aussi les aliments de la chair (Confusion : ce n'est pas Paul qui offre des aliments au geôlier, c'est le geôlier qui convie Paul à en prendre chez lui (Act. XVI, 34.)). Mais pourquoi a-t-il fait trembler la prison? pour réveiller l'âme du geôlier par le spectacle de ce qui arrivait. Il a fait tomber les liens sensibles de ceux qui étaient enchaînés avec lui, pour faire tomber les liens spirituels du geôlier. Le Christ a fait tout le contraire : Un homme s'approcha de lui, qui souffrait d'une double paralysie; de la paralysie du péché, de la paralysie du corps. Le Christ guérit d'abord la paralysie du péché, par ces paroles : « Mon fils, vos péchés vous sont remis. » (Marc, II, 5.) Et, comme on disputait sur ces paroles ; comme on blasphémait; comme on disait : « Personne ne peut remettre les péchés, que Dieu seul (Ibid. 7) ; » le Christ, voulant montrer qu'il est véritablement Dieu, voulant aussi se ménager les moyens de luger ses contradicteurs d'après leur propre bouche, afin de pouvoir dire : « Je vous juge d'après votre propre bouche (Luc, XIX, 22), » c'est toi-même qui viens de dire, que nul ne peut remettre les péchés que Dieu seul; eh bien ! voici, dit-il, que je remets les péchés, confesse donc ma divinité ; c'est, d'après ta manière de juger, que je porte moi-même la sentence. Nous voyons ici l'action spirituelle d'abord, et ensuite, l'action sensible. Paul nous montre ici le contraire, il fait tomber d'abord les liens sensibles, et ensuite les liens spirituels.
Avez-vous bien compris la force des hymnes, la puissance de la bénédiction, la puissance de la prière? Certes l'efficacité de la prière est toujours grande; mais, quand le jeûne se joint à la prière, c'est alors que l'âme est doublement puissante ; c'est alors que nous avons la tempérance dans les pensées; c'est alors que l'âme se réveille et contemple les choses d'en-haut. Aussi l'Ecriture joint-elle toujours le jeûne à la prière. Comment cela? Dans quel passage ? « Ne vous refusez point l'un à l'autre ce devoir, » dit l'Apôtre, « si ce n'est du consentement de l'un et de l'autre , afin d'être libres pour le jeûne et pour la prière.» (I Cor. VII, 5.) Et encore ailleurs : « Mais cette sorte de démon ne se chasse que par la prière et le jeûne. » (Matth. XXII, 20.) Et ailleurs encore : « Et après qu'ils eurent prié et jeûné, ils leur imposèrent les mains. » (Act. I, 33.)

5. Voyez-vous le jeûne partout uni à la prière ? C'est alors en effet qu'il s'échappe de la lyre une mélodie plus agréable, plus digne du Seigneur. Les cordes ne sont pas humides, relâchées par l'ivresse ; la raison est bien tendue ; l'intelligence, bien éveillée ; l'âme vigilante; c'est ainsi qu'il convient de s'approcher de Dieu, de s'entretenir avec lui, seul à seul. Si nous avons une affaire grave à communiquer à nos amis, nous les prenons à l'écart: à bien plus forte raison , faut-il se conduire de même avec Dieu, entrer, avec un calme parfait, dans la chambre où il se retire. Et nous obtiendrons absolument tout de lui, si nous lui demandons ce qui est utile. C'est un grand bien que la prière, quand elle part d'une âme reconnaissante et sage. Et maintenant, comment la prière montrera-t-elle notre reconnaissance? Si nous nous faisons une loi, non-seulement quand nous recevons, mais, de plus, quand nous ne sommes pas exaucés, de bénir le Seigneur. En effet, tantôt le Seigneur accorde, tantôt il n'accorde pis; mais, dans l'un et dans l'autre de ces deux cas, il agit utilement pour nous ; de sorte que, soit que vous receviez, soit que vous ne receviez pas, vous recevez cela même que vous n'avez pas reçu ; et si vous avez réussi , et si vous n'avez pas réussi, vous avez réussi en ne réussissant pas. C'est qu'en effet il y a des circonstances où il est plus utile pour nous de ne pas recevoir que de recevoir ; s'il n'était pas souvent de notre intérêt de ne pas recevoir , Dieu nous accorderait toujours; quand il est de notre intérêt de ne pas réussir, l’insuccès est un succès. Voilà pourquoi Dieu diffère souvent de nous accorder nos demandes; ce n'est pas pour nous faire languir ; quand il nous force à attendre le don, il nous exerce, et il fait bien, à l'assiduité dans la prière. Souvent nous recevons, et après avoir reçu, nous négligeons la prière; or Dieu , qui veut nous tenir constamment en éveil, diffère de nous accorder ce que nous désirons. C'est la conduite des bons pères, dont les enfants paresseux ne montrent d'ardeur que pour de puérils plaisirs ; les pères les retiennent auprès d'eux, en leur promettant un très-grand présent, et, pour les retenir, tantôt ils diffèrent, tantôt ils refusent absolument de donner. Il arrive aussi que nous voulons des choses nuisibles , et Dieu , qui comprend mieux que nous nos intérêts, n'écoute pas nos prières , aimant mieux nous procurer ce qui nous est utile, même à notre insu. Et qu'y a-t-il d'étonnant que nous ne soyons pas exaucés, quand la même chose est arrivée à Paul? Lui aussi souvent, n'a pas obtenu ce qu'il demandait, et, non-seulement il ne s'est pas affligé, mais encore il a rendu à Dieu des actions de grâces. « C'est pourquoi, » dit-il, « j'ai prié trois fois le Seigneur. » (II Cor. XII, 8. ) Cette expression « Trois fois » signifie souvent. Si Paul, après de fréquentes prières, n’a pas réussi , à bien plus forte raison nous convient-il, à nous, de persévérer. Mais voyons ce qu'il éprouvait, après avoir souvent demandé sans obtenir; non-seulement il ne s'affligeait pas, mais encore il se glorifiait de ce qu'il n'avait pas reçu. « J'ai prié trois fois le Seigneur, et il m'a répondu : Ma grâce vous suffit, car ma puissance éclate dans la faiblesse. » (II Cor. XII, 9. ) Et il continue: « Je prendrai donc plaisir à me glorifier de mes faiblesses.»

Passion de Notre Seigneur.jpg6. Comprenez-vous la reconnaissance, du serviteur? il demande à être affranchi de ses faiblesses ; Dieu ne lui accorde pas sa prière; et, non-seulement Paul ne s'afflige pas, mais il se glorifie de ses faiblesses. Faisons de même, nous aussi, disposons nos âmes de cette manière, et, que Dieu nous accorde ou ne nous accorde pas nos demandes, sachons dans les deux cas, le bénir, car, dans les deux cas, il agit selon nos intérêts. S'il a le pouvoir de donner, il s'ensuit qu'il a le pouvoir, et de donner, et de donner ce qu'il veut, et de ne pas donner. Vous ne connaissez pas vos intérêts aussi clairement que Dieu les tonnait; souvent vous demandez des choses nuisibles et funestes ; mais Dieu, plus jaloux que vous-mêmes de votre salut, ne regarde pas votre prière; avant votre prière, il regarde partout ce qui vous est utile. Si les pères selon la chair, n'accordent pas à leurs enfants tout ce qu'ils leur demandent, ce qui ne prouve pas qu'ils dédaignent leurs enfants, mais, au contraire, qu'ils ont pour eux la plus grande sollicitude, à bien plus forte raison, Dieu, qui nous aime davantage, qui connaît, mieux que personne, ce qui nous est utile, suit toujours la même conduite. Donc ne cessons pas de nous livrer à la prière, non-seulement pendant le jour, mais pendant la nuit. Ecoutez ce que dit le Prophète : « Je me levais au milieu de « la nuit, pour vous louer des jugements de « votre justice. » (Ps. CXVIII, 62.) Un roi, assiégé de tant de soucis, qui avait entre les mains le gouvernement de tant de peuples, de villes et de nations; qui avait à prendre soin de la paix, à terminer des guerres ; qui voyait toujours auprès de lui un tourbillon inexprimable d'affaires; qui n'avait pas le temps de respirer, non-seulement consacrait les jours, mais jusqu'aux nuits à la prière. Si un roi, fait pour mener une vie de délices, ayant tant de soucis, enveloppé dans tant d'affaires, ne trouvait pas de repos, même pendant la nuit, mais se livrait sans cesse à la prière, avec un soin plus scrupuleux que les moines des montagnes , quelle sera , répondez-moi , notre excuse, à nous, qui avons une liberté complète: qui nous sommes fait une vie indépendante, vide d'affaires, et qui non-seulement nous ensevelissons les nuits entières dans le sommeil, mais ne trouvons pas, même pendant le jour, des moments où notre âme s'éveille, pour la prière que nous devons au Seigneur? C'est une grande arme due la prière, c'est une belle parure que la prière, et une sûreté, et un port, et un trésor de biens, et une richesse que rien ne peut ravir. Quand nous avons besoin des hommes, nous avons besoin de faire des dépenses, et d'employer des flatteries serviles; et d'aller, et de venir, et de prendre beaucoup de peines et de soins ; car souvent nous ne pouvons pas nous adresser directement à ceux de qui dépend ce que nous demandons. Il faut d'abord aller trouver les ministres, les dispensateurs des grâces, et ceux qui sont chargés de répondre pour les hommes puissants ; et il faut, avec de l'argent, avec des paroles, par tous les moyens possibles, les adoucir, afin d'obtenir, par leur entremise, ce que nous demandons. Au contraire, avec Dieu, il n'en est pas de même; en le priant par les autres, nous obtenons moins vite ses faveurs qu'en les lui demandant nous-mêmes. Et, avec Dieu, celui qui reçoit, et celui qui ne reçoit pas, profitent; avec les hommes, au contraire, dans les deux cas, souvent, nous avons à nous plaindre. Eh bien ! donc, puisqu'il y a plus d'avantage, et plus de facilité, à s'approcher de Dieu, ne méprisons pas la prière. Voulez-vous trouver Dieu plus propice ? voulez-vous obtenir plus facilement ce que vous désirez ? invoquez-le vous-mêmes, avec la pureté des intentions, avec la sagesse de l'âme; ne le priez pas, par acquit de conscience, ce que font beaucoup de personnes, dont la langue prononce les paroles de la prière; dont la pensée , en même temps, reste souvent dans leur maison, ou se promène sur la place publique, à travers les rues, ce qui est un artifice du démon ; car, comme il sait qu’au moment de la prière, nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés, jaloux de nous fermer ce port, il s'élève alors contre nous; il chasse notre pensée loin des paroles que nous prononçons, afin qu'au sortir de l'église , nous en retirions plus de perte que de profit.
Pénètre-toi, ô homme, de ces vérités, et, quand tu t'approches de Dieu, songe auprès de qui tu t'approches ; et il suffit, pour tenir ton esprit éveillé, de croire en Celui qui te donne ce que tu demandes; lève les yeux au ciel, et pense à qui ton discours s'adresse. Quand on parle à un homme, tant soit peu élevé aux honneurs de ce monde, le plus négligent s'excite de toutes manières, et se tient l'esprit en éveil; à bien pics forte raison, ferons-nous de même si nous pensons que nous nous adressons au Seigneur des anges; voilà qui suffira pour nous rendre attentifs. Voulez-vous un autre moyen, pour vous tirer de votre engourdissement? En voici un: souvent nous avons fait notre prière, et nous n'avons pas entendu un seul des mots que nous avons prononcés, et nous nous en allons; pensons à cela, et, tout de suite, reprenons notre prière. Et si la même distraction nous arrive deux fois, trois fois, quatre fois, reprenons autant de fois notre prière, et ne nous retirons pas avant de l'avoir dite tout entière d'un esprit bien attentif. Quand le démon comprendra que nous ne voulons pas nous retirer avant de l'avoir dite avec soin, avec un esprit constamment en éveil, il cessera de nous assaillir, puisqu'il verra que ces attaques ne servent qu'à nous forcer de recommencer souvent la même prière. Nous recevons tous les jours, mes bien-aimés, de nombreuses blessures, des gens de notre maison, des étrangers, sur la place, chez nous; de la part des hommes publics, de la part des particuliers; des voisins, des amis; à toutes ces blessures, appliquons les remèdes qui leur sont propres, la prière. Car Dieu, si nous le prions d'un esprit vigilant, d'une âme embrasée, d'un cœur ardent, peut nous accorder notre pardon, la rémission de toutes nos fautes. Puissions-nous l'obtenir tous, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Source : Homélie sur la Grande Semaine

20/03/2016

Homélie de Saint Jean Chrysostome sur la "Grande Semaine" (I)

Avertissement - On ne saurait établir ni la date de cette homélie, ni le lieu où elle fut prononcée. Ce qui ressort de l'homélie même, c'est qu'elle fut donnée au moment où cesse le jeûne, au grand jour de la grande semaine, que nous appelons aujourd'hui la semaine sainte. Outre les développements indiqués par le titre même de l'homélie, on remarquera, sur cette pensée, comment notre corps est une lyre harmonieuse qui bénit et glorifie le Seigneur; sur l'efficacité du jeûne et de la prière, sur la nécessité, le devoir de bénir Dieu, en tout temps et pour toutes choses, des accents pathétiques, entraînants, dignes de saint Jean Chrysostome.

el niño divino.jpg1. Nous avons achevé la navigation du jeûne et nous voici, par la grâce de Dieu, arrivés au port. Mais ne nous négligeons pas, parce que nous sommes arrivés au port; au contraire redoublons de zèle, parce que nous avons atteint le terme du voyage. Ainsi font les pilotes; au moment de faire entrer dans le port un vaisseau chargé de blé et d'un poids énorme de marchandises, ils sont inquiets, ils prennent mille soins pour empêcher que le navire, après avoir traversé de si vastes mers, ne se brise contre un écueil, et ne sombre avec toutes les marchandises. Voilà les inquiétudes, les craintes que nous devons ressentir, nous aussi; au terme de la traversée gardons-nous de perdre le prix de nos fatigues. Voilà pourquoi nous devons redoubler de zèle. Ainsi font les coureurs encore : quand ils se voient arrivés au moment de recevoir leurs prix, c'est alors qu'ils redoublent de vitesse. Ainsi font les athlètes encore ; après les luttes et des victoires sans nombre, quand ils touchent au moment des couronnes, c'est alors qu'ils se dressent plus vivement, qu'ils font de plus généreux efforts. Faisons donc de même, nous aussi, maintenant. En effet, ce qu'est le port pour les pilotes, le prix, pour les coureurs, la couronne, pour les athlètes, la semaine où nous sommes est tout cela pour nous. C'est la source de nos biens, et il s’agit maintenant de se disputer les couronnes; et voilà pourquoi la présente semaine s'appelle la Grande Semaine. Ce n'est pas que les jours y soient plus longs que dans les autres; d'autres semaines, en effet, ont des jours plus longs. Ce n'est pas que les jours y soient plus nombreux; car, dans toutes les semaines, le nombre des jours est le même; mais c'est que, dans cette semaine, Dieu a fait des choses particulièrement glorieuses, c'est dans cette Grande Semaine que la longue tyrannie du démon a été brisée, que la mort a été éteinte, que celui qui était fort, a été enchaîné; ses vases ont été pillés; le péché enlevé; la malédiction effacée; le paradis s'est ouvert; le ciel est devenu accessible, les hommes se sont mêlés aux anges; le mur qui séparait (330) tout; a disparu; le voile a été enlevé; le Dieu de paix a étendu la paix dans le ciel et sur la terre. Aussi l'appelle-t-on la Grande Semaine, et, de même qu'elle est la première des autres semaines, de même le grand jour du sabbat est le premier de ces jours, et ce que la tête est pour le corps, le sabbat l'est pour cette semaine. Aussi, dans cette semaine, un grand nombre de personnes montre un zèle plus ardent; les unes ajoutent à l'austérité de leur jeûne ; les autres prolongent leurs veilles sacrées ; d'autres font des aumônes plus abondantes, et le zèle qu'elles montrent pour les bonnes œuvres, et leur application à la piété, attestent la grandeur du bienfait que Dieu nous a accordé. De même qu'au jour où. le Seigneur ressuscita Lazare, tous les habitants tic Jérusalem coururent au-devant de lui, et leur grand nombre attestait qu'il avait ressuscité un mort ( car l'empressement de tous ceux qui accouraient, était une preuve du miracle) ; de même, aujourd'hui, le zèle que fait éclater cette Grande Semaine, est un témoignage, une démonstration des grandes choses qui s'y sont opérées. Et en effet, nous ne sortons pas d'une seule cité, nous qui courons aujourd'hui au-devant du Christ . ce n'est pas la seule Jérusalem, c'est la terre entière qui envoie au-devant de Jésus ses églises, riches de peuples qui ne tiennent pas, qui ne secouent pas dans leurs mains des rameaux de palmier, mais qui portent l'aumône, l'humanité, la vertu, le jeûne, les larmes, les prières, les veilles, toutes les fleurs de la piété, pour les offrir à Notre-Seigneur, au Christ.
Et nous ne sommes pas les seuls à vénérer cette semaine; les empereurs, qui commandent à notre terre, l'honorent aussi d'une manière toute spéciale, et ils décrètent la suspension de toutes les affaires publiques dans les cités, afin que, libres de soins, tous les chrétiens Honorent ces jours d'un culte spirituel. Voilà pourquoi ils ont fermé les portes des tribunaux. Trêve, disent-ils, à tous les procès, querelles, contentions, supplices ; que les mains des bourreaux se reposent un peu. Les merveilles du Seigneur sont pour tous; faisons aussi, nous, les esclaves du Seigneur, quelque bien qui s'étende; à tous. Et ce n'est pas seulement ce zèle; cet hommage qui témoigne de leur vénération et de leur respect; ils en donnent une autre preuve, non moins considérable ; des lettres impériales sont envoyées pour ordonner de délier, dans les prisons, les chaînes des détenus. De même que Notre-Seigneur, descendu aux enfers, a délivré tous ceux qui étaient au pouvoir de la mort, de même les serviteurs de Dieu, faisant ce qui est en leur pouvoir, imitent la bonté du Seigneur, et délivrent des chaires sensibles, s'ils ne peuvent pas faire tomber les chaînes spirituelles.

2. Et nous aussi, nous vénérons cette Semaine; et moi, sorti avec vous, portant en guise de rameau la parole qui nous instruit, j'ai déposé mes deux petites pièces de monnaie, à l'exemple de la veuve de l'Evangile (Luc, XXI, 2.) « Ils sortirent alors, portant des branches  d'arbres et ils criaient: Hosanna au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Matth. XXI, 9.) Sortons donc, nous aussi, et, au lieu de branches d'arbres, montrons les dispositions d'une âme en fleurs, et crions ce que nous avons chanté aujourd'hui : « O mon âme, louez le Seigneur! je louerai le Seigneur pendant ma vie. » (Ps. CXLV, 2.) C'est David qui prononce la première parole, et celle qui suit est également de lui; je me trompe, ni l'une ni l’autre ne sont de David, niais l'une et l'autre appartiennent à la divine grâce. C'est le Prophète qui a parlé; mais ce qui a fait parler la langue du Prophète, c'est l'Esprit consolateur. Aussi, dit le Psalmiste, « ma langue est la plume de l'écrivain, qui écrit très-vite. » (Ps, XLIV, 2.) De même que la plume n'écrit pas de son propre mouvement, mais par la vertu de la. main qui la fait mouvoir; ainsi la langue des prophètes ne parlait pas d'elle-même, mais parla grâce de Dieu. Maintenant, pourquoi le Psalmiste n'a-t-il pas dit seulement: Ma langue est la plume d'un écrivain, mais: « La plume de l'écrivain, qui écrit très-vite ? » C'est pour vous apprendre que la sagesse est chose spirituelle; de là sa facilité, sa rapidité. En effet, quand les hommes parlent d'eux- mêmes,. ils composent, ils délibèrent, ils hésitent,, ils emploient beaucoup de temps; le Prophète, au contraire, sentait les parons jaillir pour lui comme d'une source; il n'éprouvait aucun obstacle; les pensées coulant à flots surpassaient la rapidité de sa langue; de là ce qu'il dit : « Ma langue est la plume de l'écrivain, qui écrit très-vite. » Ce sont comme des flots dont ma langue est inondée; de là, la vitesse, la rapidité. Nous n'avons besoin, nous, ni de réflexions, ni de méditation, ni de travail.
Mais voyons ce que signifie, « O mon âme, louez le Seigneur! » Chantons, nous aussi, avec David, ces paroles en ce jour; si le corps de David n'est pas présent au milieu de nous, son esprit est présent. Voulez-vous la preuve que les justes sont présents au milieu de nous, qu'ils chantent avec nous ? Ecoutez la réponse d'Abraham au riche. En effet, « celui ci lui disait: envoyez-moi Lazare, afin que mes frères, apprenant ce qui se passe dans l'enfer, se corrigent. Abraham lui répond : ils ont Moïse et les prophètes. » (Luc, XVI, 24, 28, 29.) Or, il y avait longtemps que Moïse et les prophètes étaient morts, quant à leurs corps; mais, par leurs écrits, ils se trouvaient au milieu des Juifs. Si l'image inanimée d'un fils ou d'un ami vous fait croire à la présence de celui qui n'est plus, si cette image inanimée vous le montre, à bien plus forte raison, jouissons-nous, par les saintes Ecritures, du commerce des Saints; nous n'avons pas leurs û)i lis, mais nous avons les images de leurs âmes; les paroles dites par eux, sont les images de leurs âmes. Voulez-vous la preuve que les justes sont vivants et présents? On ne prend jamais les morts à témoin. Eh bien ! le Christ les a pris à témoin de sa divinité, et particulièrement David, afin de vous apprendre que David est vivant. Les Juifs doutaient de la divinité du Christ: il leur dit: « Que vous semble du Christ? De qui est-il fils ? Ils lui répondent: De David. Et comment donc, » leur dit-il, « David l'appelle-t-il, en esprit, son Seigneur par ces paroles: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite? » (Matth. XXII, 42, 44; Ps. CIX, 1.) Comprenez-vous que David est vivant? S'il n'était pas vivant, Jésus-Christ ne l'aurait pas pris comme témoin de sa divinité. Jésus-Christ ne dit pas : Et comment donc David l'a-t-il appelé en esprit son Seigneur? Mais. « l'appelle-t-il son Seigneur? » pour montrer qu'il est encore présent, et qu'il parle par ses écrits. Il chantait autrefois ses psaumes ; chantons avec David aujourd'hui; David avait une cithare, faite de cordes inanimées; l'Eglise a une cithare, faite de cordes vivantes; nos langues sont les cordes de la cithare, elles font entendre avec la diversité des sons, l'harmonie de la piété; les femmes, les hommes, les vieillards, les jeunes gens se distinguent par l'âge; mais non par le chant des hymnes ; l'Esprit-Saint, modifiant chaque voix une à une, ne compose, de toutes les voix, qu'une seule mélodie, ce qu'a exprimé David lui-même, en appelant tous les âges, les deux sexes à ce concert. « Que tout esprit loue le Seigneur; ô mon âme, louez le Seigneur. » Pourquoi a-t-il oublié la chair? pourquoi ne s'adresse-t-il pas du tout au corps ? A-t-il fait deux parts de l'être vivant ? Nullement; mais il excite d'abord l'artiste. Ce qui prouve qu'il n'a pas fait deux parts, l'une du corps, l'autre de l'âme, c'est ce qu'il dit, écoutez :  « Mon Dieu, mon Dieu, je veille, et j'aspire vers vous, dès que la lumière paraît; mon âme brûle d'une soif ardente pour vous, et en combien de manières nia chair se sent-elle aussi pressée de cette ardeur! » (LXII, 2.) Mais montrez-moi, me dit-on, que le Psalmiste, convie la chair aussi à faire entendre des hymnes : « Mon âme, bénissez le Seigneur, et que tout ce qui est au-dedans de moi, bénisse son saint nom. » (Ps. CII, 1.) Voyez-vous que la chair aussi prend part au concert? Que signifient ces paroles: « Et que tout ce qui est au dedans de moi, bénisse son saint nom? » Le Psalmiste entend par là les nerfs, les os, les veines, les artères, et toutes les parties à l'intérieur.

sacré coeur enfant jésus.jpg3. Mais comment les parties, qui sont dans notre corps, peuvent-elles bénir Dieu ? elles n'ont pas de voix, elles n'ont pas de bouche, elles n'ont pas de langue; l'âme a ce pouvoir, mais les parties, intérieures de notre corps, comment l'auraient-elles ? comment pourraient-elles, sans voix, sans langue, sans bouche, bénir le Seigneur? De la même manière que « les cieux racontent la gloire de Dieu. » (Ps. XVIII, 1.) De même que le ciel n'a ni langue, ni bouche, ni lèvres, mais, par la beauté du spectacle qu'il présente, saisit les spectateurs, des merveilles qu'il étale, et les porte à bénir Celui qui l'a créé ; de même, les parties intérieures de notre corps étonnent la pensée qui considère tant de fonctions diverses, d'opérations, de force, d'harmonie, et toutes les beautés de forme, de position; les lois mathématiques qui gouvernent le tout avec tant d'ensemble, et l'on s'écrie comme le Prophète : « Que vos ouvrages sont magnifiques, ô Seigneur ! vous avez tout fait avec sagesse. » (Ps. CIII, 24.) Voyez-vous comme nos entrailles, sans voix, sans bouche, sans langue, bénissent le Seigneur? Pourquoi donc le Psalmiste s'adresse-t-il à son âme? C'est pour empêcher, pendant que la langue fait entendre des sons, (332) que l'âme ne s'égare, ne se laisse distraire, ce qui nous arrive souvent lorsque nous prions, que nous chantons des hymnes. Le Psalmiste veut le concert de l'âme et du corps. Quand vous priez sans écouter les paroles divines, comment voulez-vous que Dieu écoute votre supplication ? Donc, si le Psalmiste dit : « O mon âme, louez le Seigneur, » c'est pour faire entendre ceci : les supplications doivent partir du dedans de notre être, des profondeurs de notre coeur. C'est ainsi que Paul dit : « Je prierai de coeur, et je prierai aussi avec intelligence. » (I Cor. XIV, 15.) L'âme est un musicien excellent, c'est un artiste; son instrument, c'est le corps qui lui tient lieu de cithare, de flûte et de lyre. Les autres musiciens n'ont pas toujours tous leurs instruments; tantôt ils les prennent, tantôt ils les mettent de côté ; ils ne font pas entendre perpétuellement leur mélodie; et par conséquent, ils n'ont pas toujours leurs instruments entre les mains. Mais Dieu, qui veut t'apprendre que toi , tu dois toujours le glorifier et le bénir, a pris soin de te donner un instrument; d'attacher à ta personne un instrument qui ne te quitte pas. Ce qui prouve qu'il faut le louer toujours, ce sont ces paroles de l'Apôtre : « Priez sans cesse, rendez grâces à Dieu en toutes choses. » (I Thess. V, 17, 18.) Donc, comme il faut le prier sans cesse, sans cesse l'instrument se trouve attaché à l'artiste. « O mon âme, louez le Seigneur; » il n'y avait d'abord qu'une voix qui faisait entendre ces paroles, la voix de David; mais maintenant qu'il est mort, d'innombrables langues répètent ces paroles, non-seulement chez nous, mais par toute la terre. Comprenez-vous bien qu'il n'est pas mort, qu'il est vivant? Comment serait-il mort, celui qui a tant de langues, et qui parle par tant de bouches? En -vérité c'est une grande chose que l'hymne de la louange ; c'est l'âme qui se purifie, c'est la ferveur qui se saisit de nous.
Voulez-vous comprendre l'efficacité des hymnes qui s'élèvent vers Dieu? En chantant des hymnes, les trois jeunes gens ont éteint la fournaise de Babylone; disons mieux, ils ne l'ont pas éteinte, mais ce qui est bien plus merveilleux , ils ont foulé sous leurs pieds, comme si c'était de la boue, la flamme brûlante ; l'hymne faisant son entrée dans la prison de Paul, a fait tomber ses liens , a ouvert les portes de son cachot, a ébranlé les fondations de l'édifice, a rempli le geôlier d'épouvante. « Au milieu de la nuit, » dit l'Ecriture, « Paul et Silas chantaient des hymnes. » (Act. XVI, 25.) Et ensuite, qu'est-il arrivé? Vous le demandez ? Ce qui surpasse toute attente, toute croyance; les liens sont tombés, et ceux qui étaient liés, ont enchaîné ceux qui n'avaient pas de liens. Cependant, à quoi servent les liens ? A tenir fortement enchaîné celui qu'ils serrent, à l'assujettir à ses gardiens. Or, voyez, le geôlier, qui n'était pas enchaîné, est venu se mettre aux pieds de Paul, chargé de liens. Les liens sensibles contiennent celui qui est lié ; les liens du Christ, au contraire, ont la vertu de soumettre ceux qui ne sont pas enchaînés à ceux qui sont chargés de fers. Le geôlier avait jeté les captifs dans l'intérieur de la prison, et ces prisonniers de l'intérieur, ont ouvert les portes du dehors ; le geôlier, avec du bois (Il s'agit ici de l'instrument de torture, nommé cep, qui était en bois et servait à garrotter les prisonniers.), avait fait des entraves à leurs pieds, et ces pieds, chargés d'entraves, ont rendu libres des mains captives. « Enfin, » dit l'Ecriture, « le geôlier tomba à ses pieds, saisi de crainte, tremblant, gémissant, tourmenté, versant des larmes. » (Act. XVI, 29.) Que se passe-t-il donc? Ne l'avais-tu pas enchaîné? Ne l'avais-tu pas mis en un lieu dont tu étais sûr? Et pourquoi t'étonner, ô homme, qu'il ait ouvert la porte de la prison, celui qui a reçu la puissance d'ouvrir le ciel? « Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié aussi dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel. » (Matt. XVIII, 18.) Il a fait tomber les liens des péchés, pourquoi t'étonner qu'il ait fait tomber des liens de fer? Il a fait tomber les liens des démons, il a affranchi les âmes enchaînées par eux, pourquoi t'étonner qu'il ait délivré les prisonniers? Et voyez, le miracle est double : il a délié et il a enchaîné, il a délié les liens et il a enchaîné les cœurs. Les prisonniers ne savaient pas qu'ils étaient déliés ; il a ouvert et il a fermé; il a ouvert les portes de la prison, et il a fermé les yeux des prisonniers, de telle sorte qu'ils ne s'aperçurent pas que les portes étaient ouvertes, et qu'ils n'en profitèrent pas pour prendre la fuite. Avez-vous bien compris ce miracle qui lie et délie, qui ouvre et qui ferme ?

Source : Homélie sur la Grande Semaine

27/01/2016

Prière des futurs parents : une aide pour les couples en espérance d’enfants

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La prière des futurs parents est un groupe de prière à distance (chacun prie chez soi) mais en union de prière avec les autres membres du groupe, une fois par semaine le jeudi soir. Nous prions à travers l’intercession et la vie d’un saint, différent chaque semaine. Le groupe existe depuis un an. Il est composé de couples du monde entier. Il concerne tous les couples en espérance d’enfants, ceux qui ont déjà accepté de ne pas pouvoir en avoir, et ceux qui sont en démarche d’adoption.

L’OBJECTIF EST DE TRANSFORMER LA SOUFFRANCE DE L’ATTENTE OU DU VIDE RESSENTI, EN JOIE FÉCONDE POUR LE MONDE.

Le groupe se met sous le patronage des saints, avec à sa tête la Vierge Marie, afin de garder une ferme espérance en Dieu et s’abandonner à Sa volonté. Il s’agit de soutenir nos cœurs blessés, par la prière partagée avec des couples dans la même situation.

> Prière des futurs parents

Depuis un an, une vingtaine de couples se sont inscrits à la prière. Certains sont partis car des grossesses ont été annoncées (certaines relèveraient du miracle).
Nous avons au fil du temps étoffé le groupe d’un site internet qui relaie des infos concernant les pèlerinages pour les couples en espérances d’enfant, les vies des saints, des catéchèses de l’Église catholique, et la possibilité de confier une intention de prière dans des communautés religieuses avec lesquelles nous sommes associés. Les couples sont heureux de la formule et des méditations.

> Prière des futurs parents sur le site du diocèse de Séez

 

Image du haut : fresque peinte par Giotto di Bondone, La rencontre de Sainte Anne et Saint Joachim à la porte dorée, 1305, détail.

 

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02/10/2015

Léon XIII et le rosaire

leoxiii.jpgLe pape Léon XIII est connu pour son développement de la doctrine sociale de l’Eglise mais peu de personnes se souviennent encore qu’il fut appelé autrefois le pape du Rosaire. Dans une époque « où tous les maux s’accumulaient pour opprimer l’Eglise sous leur poids »  Léon XIII conçoit le projet de recourir à l’instrument qui de par le passé a déjà fait ses preuves. Il décide de recommander à nouveau le Rosaire de saint Dominique et de saint Pie V.

C’est pourquoi dans son encyclique du 1er septembre 1883 [Supremi Apostolus Officio, NdEspN] « il décrète et ordonne que dans tout le monde catholique la fête prochaine de Notre Dame du Rosaire sera célébrée avec une piété toute spéciale et avec toutes les solennités du culte : du 1er octobre au 2 novembre suivant on récitera pieusement  cinq dizaines au moins du Rosaire, suivies des Litanies de Lorette, dans toutes les églises paroissiales ».  Dans un bref du 24 décembre 1883, le Saint Père exprime sa joie que le peuple catholique eût partout si bien obéi à ses ordres. Il demandait de persévérer dans cette pratique. Le 30 août 1884 il renouvelait pour le mois d’octobre les prescriptions de l’année précédente. « Puisque l’acharnement des ennemis du christianisme est si grand, la constance et l’énergie des défenseurs ne doivent pas être moins vives… » Et le 20 août 1885 un décret de la Sacré Congrégation des Rites ordonna de continuer ainsi chaque année « tant que durera ce triste état de choses pour l’Eglise et pour les affaires publiques. » Lors de l’indiction du jubilé extraordinaire de 1886 le pape décide de placer ce jubilé sous le patronage de Notre Dame du Rosaire. L’année jubilaire n’était pas achevée, et les exercices du mois du Rosaire se poursuivaient encore, que le pape écrit le 26 octobre 1886 au cardinal Parocchi, son vicaire pour la ville de Rome, afin qu’il fasse poursuivre la récitation quotidienne du Rosaire dans les paroisses de Rome.

 

leonxiii.jpgLe 15 août 1889, dans une encyclique cette fois [Quamquam Pluries, NdEspN], le pape inculquait de nouveau, contre la puissance de Satan, le recours aux pouvoirs célestes par des prières incessantes. Et après avoir admirablement mis en valeur les titres de Saint Joseph au patronage de l’Eglise universelle, il demandait de le prier en même temps que Marie, durant le mois d’octobre. Et c’est pourquoi chaque jour de ce mois une prière à saint Joseph, composée par Léon XIII est récitée après le Rosaire devant le Saint Sacrement.

 

En somme depuis le 1er septembre 1883 où le pape avait établi par les faits l’efficacité merveilleuse de cette prière qu’est le Rosaire, il se contentera, sept fois de suite de recommander avec insistance sa récitation. Le 22 septembre 1891 il change de méthode et hausse le ton. Dans une encyclique [Octobri Mense, NdEspN] il considère le Rosaire en lui-même. Magistralement il analyse cette dévotion à Marie et révèle le secret de sa valeur incomparable. Il montre comment Marie est médiatrice dans l’ordre du salut. Il faut donc lui adresser nos prières avec confiance et entre toutes les méthodes de la prier, le Rosaire est préférable. C’est un si merveilleux composé de méditations et de prières vocales qu’on ne peut rien imaginer de plus agréable à la Vierge et de plus salutaire à nos âmes.

leon-xiii.jpgPlusieurs années de suite, à l’approche du mois d’octobre continueront de paraître de grandes encycliques sur le Rosaire. Celle du 7 septembre 1892 [Magnae Dei Matris, NdEspN] poursuivait dans une première partie l’enseignement de la précédente, mais ensuite cette encyclique développait l’idée du Rosaire comme remède à la corruption du monde, parce qu’il est un moyen facile de faire pénétrer dans les esprits les dogmes principaux de la foi chrétienne.

Toutes ses encycliques sur le Rosaire développeront cette ligne directrice, seule celle de 1895 [Adiutricem, NdEspN] part sur un autre aspect du Rosaire, celui du moyen de réaliser l’union des âmes.

Léon XIII écrivit sa dernière encyclique sur le Rosaire en 1898 [Diuturni Temporis, NdEspN], encyclique dans laquelle il annonça qu’il allait couronner son œuvre par un suprême document en publiant une constitution relative aux droits et privilèges dont jouissent les confréries du Rosaire. Cette constitution apostolique du 2 octobre 1898 fut suivie le 30 août 1899 du catalogue officiel des indulgences du Rosaire. Son œuvre mariale achevée Léon XIII rendit son âme à Dieu le 20 juillet 1903.

Source : Spiritualité - Année du Rosaire

> La liste des encycliques de Léon XIII sur le site du Vatican

24/08/2015

Litanies du Saint Nom de Jésus

 

risorto2.jpgSeigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, écoutez-nous.
Jésus, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Dieu le Sainte Esprit, ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Jésus, Fils du Dieu vivant, ayez pitié de nous.
Jésus, splendeur du Père, ayez pitié…
Jésus, splendeur de la lumière éternelle…
Jésus, roi de gloire,
Jésus, soleil de justice,
Jésus, Fils de la Vierge Marie,
Jésus, aimable,
Jésus, admirable,
Jésus, Dieu fort,
Jésus, Père des siècles à venir,
Jésus, Ange du grand conseil,
Jésus, très puissant,
Jésus, très patient,
Jésus, très obéissant,
Jésus, doux et humble de cœur,
Jésus, amateur de la chasteté,
Jésus, qui nous honorez de votre amour,
Jésus, Dieu de paix,
Jésus, auteur de la vie,
Jésus, modèle des vertus,
Jésus, zélateur des âmes,
Jésus, notre Dieu,
Jésus, notre refuge,
Jésus, Père des pauvres,
Jésus, trésor des fidèles,
Jésus, bon pasteur,
Jésus, vraie lumière,
Jésus, sagesse éternelle,
Jésus, bonté infinie,
Jésus, notre voie et notre vie,
Jésus, joie des anges,
Jésus, roi des patriarches,
Jésus, maître des apôtres,
Jésus, docteur des évangélistes,
Jésus, force des martyrs,
Jésus, lumière des confesseurs,
Jésus, pureté des vierges,
Jésus, couronne de tous les saints,  

Soyez-nous propices, Jésus, pardonnez-nous.
Soyez-nous propices, Jésus, excaucez-nous.

De tout mal, délivrez-nous, Jésus.
De tout péché,délivrez-nous…
De votre colère, …
Des embûches du démon,
De l'esprit de fornication,
De la mort éternelle,
Du mépris de vos inspirations,
Par le mystère de votre sainte Incarnation,
Par votre Nativité,
Par votre Enfance,
Par votre vie toute divine,
Par vos travaux,
Par votre Agonie et votre Passion,
Par votre Croix et votre abandonnement,
Par vos langueurs,
Par votre mort et votre sépulture,
Par votre Résurrection,
Par votre Ascension,
Par vos joies,
Par votre gloire,  

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,  
pardonnez-nous, Jésus.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,  
pardonnez-nous, Jésus.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,  
pardonnez-nous, Jésus.

Jésus, écoutez-nous.  
Jésus, exaucez-nous.  

Prions. Seigneur Jésus-Christ; qui avez dit : "Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert  ;" faites-nous, s'il vous plaît, la grâce de concevoir l'affection de votre amour tout divin  ; afin que nous vous aimions de tout notre cœur, en vous confessant de bouche et d'actions, et que jamais nous ne cession de vous louer. Ainsi soit-il.

 

Source : Le fidèle disciple de Jésus-Christ ou le catholique instruit dans sa foi et dirigé dans la prière , la méditation et la pratique de ses devoirs. Abbé Bulo.Malines : Dessain. 1870. 301-302.

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13/08/2015

Litanie de l'humilité

prière enfant.jpgV. O Jésus, doux et humble de cœur,
R. Rendez mon cœur semblable au vôtre.

De ma volonté propre, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être estimé, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être affectionné, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être recherché, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être honoré, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être loué, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être préféré, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être consulté, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être approuvé, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d ‘être compris, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être visité, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être humilié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être oublié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être raillé, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être injurié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être refusé, délivrez-moi, Seigneur

Que d’autres soient plus aimés que moi,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient plus estimés que moi,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient loués et que je sois oublié,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient préférés en tout,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient plus saints que moi,
Pourvu que je le sois autant que je puis l’être,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer

D’être inconnu et pauvre,
Seigneur, je veux me réjouir,
D’être dépourvu des perfections naturelles du corps et de l’esprit,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne pense pas à moi,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on m’occupe aux emplois les plus bas,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne daigne même pas se servir de moi,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne me demande jamais mon avis,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on me laisse à la dernière place,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne me fasse jamais de compliment,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on me blâme à temps et à contretemps,
Seigneur, je veux me réjouir,

V. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice,
R. Car le Royaume des Cieux est à eux.

Prions
Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière. Réprimez les mouvements d’orgueil qui s’élèvent dans mon âme. Apprenez-moi à me mépriser moi-même, vous qui résistez aux superbes et qui donnez votre grâce aux humbles. Par Jésus, doux et humble de Cœur. Ainsi soit-il.

Oraison
Ô Jésus dont la première leçon a été celle-ci :
Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur,
Enseignez-moi à devenir humble de cœur comme vous.
Ainsi soit-il.

 

(Récité chaque jour par le Cardinal Merry del Val après la célébration de la Sainte Messe.)

Source : Le Petit Sacristain

03/08/2015

Prier avec Dom Guéranger avant et après la sainte communion

 

gueranger.jpgActe de foi avant la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Au moment de vous sentir entrer en moi, ô Dieu éternel, Fils du Père, j’éprouve le besoin de ranimer ma foi. C’est donc vous-même qui allez venir à moi, vous qui êtes descendu en la Vierge Marie, et avez fait de son sein virginal le sanctuaire de votre Majesté ! Vous lui envoyâtes votre Ange, et elle crut à sa parole, quand il lui eut dit : Rien n’est impossible à Dieu ; l’Esprit-Saint surviendra en vous, et la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. Elle crut, et conçut dans ses chastes entrailles celui qui l’avait tirée du néant. Vous ne m’avez pas envoyé un Ange, ô mon Sauveur ! pour m’assurer que vous allez venir en moi. Vous avez parlé vous-même, et vous avez dit : Je suis le pain vivant descendu du ciel, celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui. Cette parole que vous avez proférée il y a vingt siècles, vous avez voulu qu’elle me parvînt par l’organe de votre Église, afin que j’eusse en même temps la certitude de vous entendre, et le mérite d’abaisser ma raison devant le plus profond des mystères. Je crois donc, ô mon Sauveur ! Aidez la faiblesse de ma foi. Donnez-moi de m’incliner, comme Marie, devant votre souveraine raison ; et puisque voulez venir en moi, je veux dire comme elle, en baissant la tête : Qu’il me soit fait selon votre parole ; car je ne suis que néant et vous n’êtes que sagesse et puissance.

 

Acte d’humilité avant la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Mais, ô mon Sauveur ! en venant choisir votre demeure au sein de la glorieuse Vierge, vous ne descendiez du ciel que pour entrer en un autre Paradis. Vous l’aviez préparée, dès sa conception, par toutes sortes de grâces ; elle-même vous avait été fidèle plus que tous les Anges et tous les hommes ensemble. Comment pourrez-vous donc choisir mon cœur si indigne, pour le lieu de votre repos ? Combien de fois, frappant amoureusement à sa porte, n’avez-vous pas été refusé ? Et, eût-il été toujours fidèle, quelle proportion de sa bassesse à votre souveraine dignité : Élisabeth s’humilie de recevoir la visite de Marie : D’où me vient cet honneur ? dit-elle ; et voici que non plus seulement la Mère de Dieu, mais Dieu même veut me visiter, et d’une manière si intime, qu’il ne se peut d’union plus étroite. Celui qui me. dites-vous, demeure en moi et moi en lui. O Fils de Dieu ! votre œil se plaît donc à rechercher ce qu’il y a de plus infirme, pour que votre cœur prenne ensuite plaisir à s’y attacher ? J’admire cette conduite ; mais lorsque je viens à sentir que j’en suis moi-même l’objet, je m’abîme dans mon néant, et je vous supplie de me le faire mieux connaître encore, afin que tout en moi, quand vous y viendrez, confesse votre gloire, votre miséricorde, votre souverain pouvoir.

 

Acte de contrition avant la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Encore si je pouvais, ô mon Sauveur ! me rendre le témoignage de ne sentir en moi que mon néant, qui fit obstacle à l’union glorieuse à laquelle vous me conviez ! je m’approcherais de vous à la suite de Marie l’immaculée, mon auguste Reine, et j’oserais porter ma main sur les miettes du festin auquel elle s’assied près de vous. Mais il n’y a rien de commun entre l’innocence et le péché, entre la lumière et les ténèbres. J’ai été votre ennemi, ô mon Sauveur ! et vous voulez entrer en mon cœur à peine cicatrisé de ses plaies honteuses. Vous annoncez vouloir y prendre vos ébats comme en celui de Marie. Oh ! combien vous me faites comprendre par là la malice de mes fautes, puisque c’est à vous, si généreux, si plein d’amour, que j’ai osé m’attaquer ! Que ferai-je donc, en attendant l’instant où vous allez descendre au milieu de mes ténèbres, pour les transformer en lumière, si ce n’est de renouveler le repentir que me causent les péchés si nombreux par lesquels je vous ai perdu, ceux aussi par lesquels je vous ai contristé sans vous perdre ? Agréez ma contrition, ô mon Sauveur ! c’est ainsi que je veux préparer votre voie jusqu’à mon cœur, en redressant en moi tout ce qui s’oppose à la rectitude de votre sainte Loi.

 

Acte d’amour avant la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Car, ô mon Sauveur ! je voudrais vous aimer, comme Marie elle-même vous a aimé. N’êtes-vous pas mon Souverain, comme vous étiez le sien ? Et, de plus, ne m’avez-vous pas donné, en me remettant mes péchés, des marques de tendresse qu’elle n’a pas connues ? Je vous aime donc, ô Jésus ! qui allez venir en moi, et je me réjouis de votre venue ; car vous augmenterez mon amour. Marie, jusqu’au moment où vous entrâtes en elle, avait vécu dans la sainteté et la justice ; elle vous avait aimé uniquement ; mais lorsqu’elle vous sentit en elle, lorsqu’elle sentit que vous n’étiez plus qu’une seule et même chose avec elle, son amour s’accrut encore et perdit toute mesure. Qu’il en arrive ainsi de mon cœur, au moment où vous entrerez en lui, ô mon Sauveur ! Mais venez bientôt ; car si, d’une part, je suis indigne de votre visite, de l’autre je suis contraint de la désirer, puisque vous êtes le Pain qui donne la vie au monde, le Pain de chaque jour, à l’aide duquel nous devons prolonger notre vie, jusqu’au jour de l’éternité. Venez donc, Seigneur Jésus ! mon cœur est prêt et se confie en vous. Sainte Vierge Marie, par la joie que vous avez ressentie de posséder en vous Celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, soyez-moi en aide, afin qu’il trouve mon âme purifiée et attentive. Saints Anges qui considériez avec tant d’étonnement et de respect cette simple créature portant Dieu en elle, ayez pitié d’un pécheur, dont le cœur, naguère au démon, va dans un moment devenir le tabernacle de Dieu. Saints et Saintes du ciel, et vous spécialement, mes fidèles Patrons, environnez-moi au moment où va descendre en moi, homme pécheur et mortel, Celui en qui vous vivez à jamais, justes et immortels.

 

Acte d’adoration après la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Souveraine Majesté de Dieu, vous avez donc daigné descendre en moi. Ce privilège accordé autrefois à la Vierge bénie est donc aussi le mien. Qui me donnera en ce moment de vous adorer profondément, comme elle vous adora ? Le sentiment de sa bassesse et de son indignité, dans cet instant suprême, l’eût anéantie, si, d’autre part, voire amoureuse tendresse ne l’eût soutenue, en favorisant cette ineffable union du Créateur et de la créature. O mon Dieu ! je ne sens point aussi vivement ma bassesse, et surtout mon indignité, qui pourtant est bien plus grande ; mais je vois du moins qu’il vous a fallu franchir des obstacles infinis pour venir ainsi jusqu’à moi, pour dÈvenir ainsi mon bien et mon trésor. Que ferai-je donc qui soit digne de vous, et qui puisse vous dédommager de l’humiliation que vous encourez pour mon amour ? Je ne puis que vous adorer, que m’humilier, s’il était possible, jusqu’au néant ; et comme cette adoration est trop indigne de vous, j’ose vous représenter en ce moment celle que vous offrit Marie elle-même, au moment où elle se sentit Mère de son Dieu, et durant les neuf mois que vous lui demeurâtes uni. Vous me l’avez donnée pour mère ; souffrez que je dispose ainsi des biens qui sont à elle : elle les tient, pour votre gloire, à la disposition de tous ses enfants.

 

Acte de remerciement après la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Mais, ô mon Sauveur ! Marie ne se borna pas à vous adorer en elle-même ; son heureux cœur s’épancha bientôt dans l’effusion de la reconnaissance. Elle se voyait distinguée par vous entre toutes les filles de son peuple ; que dis-je ? entre toutes les générations qui l’avaient précédée et toutes celles qui devaient la suivre : son âme tressaillait donc d’allégresse, et sa bouche put à peine rendre l’expression affaiblie de la joie qui était en elle. Oh ! disait-elle, Celui qui est puissant a fait en moi de grandes choses ; il a regardé ma bassesse, et toutes les générations me proclameront Bienheureuse. Et moi, ô mon Sauveur, ne m’avez-vous pas distingué entre mille et entre dix mille, par le bienfait que vous venez de m’accorder ? Vous m’avez fait naître dans les temps qui ont suivi votre Incarnation, et aujourd’hui même à combien d’autres de mes frères ne me préférez-vous pas ? Je vous possède en moi ; je connais le prix de votre Avènement ; mais combien d’hommes ne vous possèdent point ainsi, ne vous connaissent même pas ! Vous les avez tous invités, il est vrai ; mais un grand nombre n’ont pas voulu venir ; et tandis que vous m’avez contraint de venir à vous par les forts et doux moyens de votre miséricorde, vous les avez négligés dans votre justice. Soyez béni, ô mon Dieu, qui aimez toutes les œuvres de vos mains, et voulez que personne ne périsse, sinon par sa faute ; mais qui multipliez en faveur de plusieurs les infinies ressources de votre amour.

 

Acte d’amour après la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Je vous aimerai donc aussi, ô mon Dieu ! puisque vous m’avez aimé le premier, et je vous aimerai d’autant plus qu’étant venu en moi, vous ayez centuplé mes forces pour vous aimer. N’en a-t-il pas été ainsi de Marie, lorsque vous eûtes choisi en elle votre habitation ? Jusque-là, nulle créature ne vous avait été plus fidèle, n’avait mieux mérité d’être préférée à toutes les autres pour cette riche faveur que vous destiniez de toute éternité à une fille des hommes. Mais lorsque vous fûtes entré en elle, quand votre personne divine eut touché sa sainte mais faible mortalité, Marie, transformée, pour ainsi dire, en vous, connut un amour que jusque-là elle n’avait pas connu. Ainsi puisse-t-il en être de moi, ô Jésus ! Puisse ma vie propre se perdre dans la vôtre ! car la visite que vous venez de me faire n’est point une visite à la façon de celles que les hommes se rendent entre eux. Vous avez pénétré, non dans ma maison, mais dans le plus intime de mon âme ; et selon la parole de votre saint Apôtre, je ne vis plus, mais c’est vous-même qui vivez en moi. Je dois donc vous aimer, si je m’aime moi-même, puisque vous demeurez en moi et moi en vous, je ne veux plus me séparer de vous ; je veux au contraire n’avoir plus avec vous qu’un seul cœur et une seule vie, jusque dans l’éternité.

 

Acte de dévouement après la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

Mais, ô mon âme, si tu aimes le Seigneur ton Dieu, songe à vivre pour lui. La présence de Jésus-Christ en Marie ne produit pas seulement en elle, au moment où elle se fait sentir, un dévouement complet aux intérêts et à la gloire de Celui qui est à la fois son Dieu et son fils. Marie puise dans cette présence intime le principe de ce ferme attachement à toutes les volontés divines, qui lui donnera de traverser sans faiblir toutes les épreuves qui l’attendent. Vous avez voulu pareillement, ô mon Sauveur ! m’encourager par cette visite. Jusqu’au jour où je dois sortir de ce monde et paraître devant vous, je sens qu’il me faut cheminer dans une voie souvent semée d’obstacles, et quelquefois dure à gravir. Si je vous aime, je triompherai de tout ; et comment ne vous aimerai-je pas, au seul souvenir de cette visite que vous venez de me faire, et que vous daignerez renouveler toutes les fois que j’en aurai le désir sincère ? Je suis donc à vous, comme vous êtes à moi ; considérez ma grande faiblesse et fortifiez-moi. Je me repose de tout sur votre miséricorde, dont je viens de recevoir la plus riche de toutes les preuves.

 

Prière à Notre-Dame, aux anges et aux saints après la communion

(dom Guéranger, Année Liturgique, Avent)

O Marie, gardez en moi le fruit de cette visite de votre divin Fils. Anges de Dieu, montrez-vous jaloux de conserver intacte la demeure de votre Maître. Saints et Saintes, priez, afin que je ne perde pas le souverain bien dont l’immuable possession vous rend à jamais heureux.

 

Source : Abbaye Saint-Pierre de Solesmes