Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/04/2015

"On est appelé pour être envoyé"

Comment discerner son appel, sa mission, sa vocation ? Est-ce la même chose ? Théologien et aumônier d’étudiants, le Père Alexis Leproux est confronté à des jeunes qui s’interrogent sur leur voie. Il propose ici quelques étapes d’un juste discernement.

Le Père Alexis Leproux, 43 ans, a lancé Even (École du Verbe éternel et nouveau) en 2006. Cette soirée hebdomadaire de formation chrétienne rassemble plus de 1 500 jeunes dans plus d’une vingtaine de paroisses en France, dont celle de Saint-Germain-des-Prés (Paris) où il est vicaire. Alexis Leproux est également professeur d’Écriture sainte à la ­Faculté Notre-Dame, au Collège des Bernardins (Paris).

Vocation, mission… est-ce la même chose ?

On confond souvent ces deux notions. Elles désignent pourtant deux mouvements bien distincts, quoique complémentaires : on reçoit une vocation en vue d’une mission. Quand le Christ appelle un disciple à marcher derrière Lui, c’est pour l’envoyer en mission jusqu’aux périphéries du monde.

Comment définir la vocation ?

C’est être appelé par l’Unique, être appelé par son nom pour être envoyé vers un autre. Nul n’est appelé pour soi-même, mais pour cet autre que Dieu cherche. Une personne qui partirait en mission sans être appelée serait un imposteur.

Discerner sa vocation – et donc sa mission – n’est pas toujours évident…

En effet. Pour certains, l’appel est entendu facilement et précocement ; pour d’autres, il faut attendre parfois longtemps. Une parabole évoque ces ouvriers de la dernière heure que personne n’a embauchés. Ils sont assis sur la place en attendant l’appel. Une parole survient alors, à la dernière heure, qui les envoie dans la vigne du maître.

Tout envoi en mission est l’occasion de donner du fruit. Il est intéressant de regarder comment l’éducation prépare ou non cette possibilité de se reconnaître comme créature appelée, capable de donner une réponse libre, pour servir sans rien attendre en retour, afin de donner la vie en abondance. 

Il peut y avoir aussi des difficultés dans la mission…

Oui. Ce n’est pas parce qu’on a été appelé et bien formé (au séminaire, au noviciat), ou que l’on a suivi une belle préparation au mariage, que la mission va être facile et bien accomplie. Il y a les difficultés de l’appel mais aussi celles de la mission : fidélité à celle qu’on a reçue, persévérance dans l’attente des fruits, humilité devant l’œuvre accomplie, etc. Autant d’épreuves qu’il faut apprendre à traverser avec la grâce de Dieu.

Le mot « mission » n’a-t-il pas deux sens : d’une part, l’envoi apostolique que reçoit tout chrétien ; d’autre part, la mission de réalisation personnelle, de croissance humaine, que reçoit toute personne ?

Les mots ont plusieurs sens. Vocation, mission, mariage… n’y échappent pas. La vocation, c’est d’abord cet appel originel à l’existence : Dieu prononce mon nom et je deviens ce que je suis. Nos noms sont ainsi inscrits dans son Cœur, et notre vocation est un appel quotidien à aimer éternellement. Notre mission fondamentale, quels que soient nos états de vie, c’est d’entrer dans la louange du Fils à la gloire de son Père, vivre le Notre Père, c’est-à-dire présenter toute chose au Père.

Ce sont les deux mouvements, selon saint Jean, qui consistent à sortir de Dieu pour retourner vers Dieu. Ils vont se traduire de mille manières en fonction de l’âge, de la vie, de la réponse libre, du contexte historique, etc. Thérèse de Lisieux découvre précocement, par un désir intime, qu’elle est appelée à être carmélite et cet appel n’attend pas. Quant à Jeanne d’Arc, ce sont les voix du Ciel qui lui révèlent son incroyable mission : sauver le royaume de France.

Peut-on découvrir seul sa mission ?

Non, on ne fait jamais rien tout seul ! On ne fait pas un bébé tout seul, on ne s’ordonne pas prêtre tout seul. Une vocation, quelle qu’elle soit, est toujours située dans une relation d’alliance avec Dieu et avec les hommes. Quand Jésus pose son regard sur moi, Il me dit : « Alexis, je t’aime et j’ai besoin de toi pour construire, avec tes frères, mon Église à Paris ». C’est à la fois très personnel et très communautaire ! Dans le jardin de la Résurrection, le Christ appelle Marie par son nom, elle répond, et Il l’envoie vers ses frères en Galilée. La liberté n’est pas d’être seul et de « faire ce qu’on veut » ; c’est être amoureusement uni au Christ pour ne jamais vouloir autre chose que ce que veut son corps qui est l’Église. 

Nos goûts et nos désirs ne sont-ils pas des signes pour discerner ?

Oui. Si je suis dominicain, c’est probablement par un goût particulier pour la parole de Dieu. Si j’épouse Faustine, c’est parce que je suis amoureux de sa personne, de son visage, de son être tout entier.

Mais attention : il ne suffit pas d’avoir « envie de faire ça » pour que ce soit un signe. La difficulté principale, c’est de vouloir vraiment ce que je veux ! Un jeune désire souvent, comme sainte Thérèse, tout à la fois : se marier, être parent, aider les pauvres, faire de la politique… C’est pourtant la porte étroite du choix qui nous ouvre à la vie. Sainte Thérèse, carmélite à Lisieux, n’a pas annoncé l’Évangile à Hong Kong ! Elle est pourtant patronne des missions. C’est en vivant pleinement sa propre vie, son appel singulier, que l’on est conduit à l’universalité de l’amour, à sa hauteur, à sa profondeur, à sa largeur…

Y a-t-il des étapes dans le discernement d’un appel ?

J’en distingue cinq. Premier mouvement : passer du désir à la parole. Je connais des gens qui veulent se marier et qui n’osent pas le confier à la personne concernée ! Si j’ai le désir d’être prêtre, je vais en parler à quelqu’un qui m’aidera à discerner. Passer à la parole est la base du discernement.

Deuxièmement : passer de la parole à la patience. Il faut laisser les choses mûrir, donner du temps au temps.

Troisième mouvement : passer de la patience à la décision. Il y a un pas à faire : on choisit sa route. Ce n’est pas encore un choix définitif, mais c’est déjà déterminé.

Puis, il y a le chemin de l’écoute : je dois réfléchir cette décision à la lumière de la parole de Dieu. C’est le temps des fiançailles, du séminaire… 

Enfin, survient le moment très beau de la parole définitive, du « pour toujours ». C’est le temps du choix sans retour :  le mariage, l’ordination, la consécration… La vie éternelle en est la marque absolue.

Quelle vous paraît être, aujourd’hui, la difficulté majeure à ce discernement ?

La tentation du zapping : tout le monde a envie de toucher à tout. Or l’obéissance de la foi nous invite à être tout ce que l’on est, mais seulement ce que l’on est. Lorsque Vatican II invite les baptisés à accomplir leur mission dans le monde, il ne demande pas aux laïcs de jouer aux prêtres ou aux carmélites : il leur demande d’être pleinement chrétiens dans leur état de vie. L’Église est ainsi construite par tous les fidèles qui accomplissent leur charge spécifique. Les « cléricaliser » serait dramatique !

Finalement, comment savoir ce que Dieu attend de moi ?

Deux paroles me guident : le « Connais-toi toi-même » de Socrate, et le « Viens et suis-moi  » de Jésus. Il me semble que la première ne se réalise vraiment qu’en vivant la seconde. C’est l’amitié fidèle avec le Christ qui nous ouvre à nous-même et aux autres. 

N’y a-t-il pas beaucoup de jeunes qui prient et qui ne trouvent pas leur voie ? 

Je ne crois pas ! La plupart la trouvent. Soulignons toutefois qu’il ne suffit pas de se poser devant le Saint-Sacrement. Nous avons besoin de la parole de Dieu, d’une vie communautaire et d’un dialogue fraternel. L’adoration doit être accompagnée d’un travail de mémoire, de lecture de sa propre histoire, de lecture de la vie du Christ. 

Quand un jeune vient vous demander : « Comment savoir si Dieu m’appelle ? », que lui conseillez-vous ?

D’abord, faire mémoire de sa vie, de sa -naissance, de sa jeunesse… Pour qu’il écoute Dieu lui parler dans son histoire. La Parole s’incarne dans les événements de nos vies. La Vierge Marie est la « mère » incomparable du discernement spirituel : « Marie méditait tous ces événements dans son cœur ». Un autre grand maître, Ignace de Loyola (XVIe siècle), ravive cette tâche capitale par l’expérience des Exercices spirituels. En faisant mémoire de ce que l’on a vécu dans sa journée, sa semaine, en redécouvrant les événements, les désirs, les rencontres, en discernant les vanités, les fausses joies mais aussi les vraies, se dégage dans la lumière de la foi une perspective, se dessine un horizon. 

Les jeunes chrétiens ne sont-ils pas habitués à ce travail ?

Pas toujours. Le défi reste de plonger en soi pour y découvrir Celui qui y demeure, le Verbe. Il faut arrêter de croire qu’on peut tout et qu’on peut tout avoir en surface. Ce qui fait une personne solide, c’est son ancre ou sa quille. De nombreux jeunes ont le mal de mer dans leur vie car ils sont ballottés d’une vague à l’autre, d’un désir à l’autre, d’une -activité à l’autre… Ils n’ont pas cette profondeur qui donne du poids aux choses, qui offre un équilibre pour affronter la haute mer.

Chaque vocation est-elle unique ?

Je connais des jumelles qui sont toutes deux religieuses, aux antipodes l’une de l’autre : la première est Sœur de la Charité en Éthiopie, la seconde est Sœur de Bethléem dans un ermitage en France. L’une vit avec 3 000 pauvres et accompagne une quinzaine de mourants par jour ; l’autre ne voit personne. Or chacune d’elle me confiait : « Je suis tellement admirative de ma sœur ! Comment fait-elle pour vivre cela ? » Leur vocation à chacune est unique et nullement interchangeable. Le corps de l’Église est ainsi génialement conçu. L’une et l’autre reçoivent l’humble joie d’être à leur place et de s’y donner à fond. Cela rayonne et jette sur la terre ce beau feu que nous espérons tous.

Source : Famille Chrétienne

> Supplément Famille Chrétienne "Découvrir la mission de sa vie"

24/04/2015

Assaut de Joëlle Milquet contre la liberté d'enseignement: les parents se mobilisent autour du réseau Eduqualis

La ministre belge francophone de l'Enseignement menace le droit fondamental des familles à choisir l'éducation des enfants. Le droit à l'instruction en famille est dans le viseur.

En attaquant la liberté scolaire, Joëlle Milquet trahit l'engagement historique de son parti.

éducation,enseignement,école,droits fondamentaux,libertés fondamentales,droits des parents,droits des enfants

"L'école à la maison, c'est un mode de vie" - La Libre Belgique du vendredi 24 avril 2014, p.4-5

 

Comment est organisée l’instruction en famille ?
 
Mode d’emploi. En Belgique francophone, l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est. Les parents qui font le choix de l’instruction en famille, selon la terminologie officielle, doivent remplir, avant la rentrée de septembre, une déclaration d’enseignement à domicile valable pour une année scolaire. Ils n’ont pas besoin de motiver leurs raisons. Cela pourrait changer puisque Joëlle Milquet, la ministre CDH de l’Education, a annoncé début mars qu’elle souhaitait durcir par décret les règles de l’instruction en famille. Les parents seraient tenus de justifier leur choix et les raisons religieuses seraient interdites. Les cours donnés à domicile ne sont pas soumis à des règles d’horaires de cours ni de supports d’apprentissage. Les enfants peuvent être instruits seuls ou en groupe, par un de leurs parents ou une tierce personne. Ils sont par contre tenus de passer des contrôles, à 8 et 10 ans, qui se déroulent dans un lieu extérieur (souvent une école), afin de s’assurer que leur niveau est au moins équivalent à celui des enfants scolarisés. Si le niveau d’études n’est pas jugé satisfaisant par le Service général de l’inspection, un nouveau contrôle est organisé dans les deux à six mois. En cas d’échec, l’enfant doit être inscrit dans une école pendant au moins une année scolaire. Les adolescents doivent aussi passer les épreuves certificatives, à 12 ans (CEB), 14 ans (CE1D) et 16 ans (CE2D). Le CESS se passe par le jury central. On peut obtenir des dérogations à ces contrôles et épreuves pour des raisons de maladie, de troubles de l’apprentissage et du comportement ou de handicap. I.L.

 

L'école à la maison, un mode de vie

Joëlle Martin est mère de six enfants âgés de 3 à 17 ans. Hormis le petit dernier, encore non soumis à l’obligation scolaire, tous sont scolarisés à domicile. A sa demande, l’aînée est toutefois retournée à l’école cette année pour préparer le jury central. Joëlle Martin, avec d’autres parents qui ont choisi cette voie, a lancé il y a moins d’un mois Eduqualis, une association de soutien et de promotion à l’école à domicile en Belgique francophone. Elle compte actuellement une trentaine de membres. "On avait le désir de créer une association depuis longtemps et tout s’est accéléré quand la ministre de l’Education a annoncé son projet de faire évoluer la situation de l’école à domicile. Nous sommes pour une réforme et se constituer en association nous permettra d’être des interlocuteurs" , explique Joëlle Martin, au nom d’Eduqualis.
 
L’association demande une révision de la législation
 
Favorables à une réforme, oui, mais en quoi ? "La législation actuelle ne correspond pas aux besoins des enfants. La déclaration doit être rentrée avant septembre. Quand il y a un problème de décrochage scolaire en milieu d’année, c’est supercompliqué d’obtenir à ce moment l’autorisation de scolarisation à domicile. De plus, dans le cas d’enfants souffrant par exemple de phobie scolaire et retirés de l’école, c’est ingérable psychologiquement pour eux d’avoir à passer le jury central à Bruxelles, dans des locaux inconnus, en compagnie d’une centaine d’élèves. Ils sont confrontés aux codes de l’école , précise Joëlle Martin. L’instruction en famille a besoin d’un contrôle de l’Etat mais peut-être pas autant. Il faudrait que l’Etat soit plus partenaire que sanctionnateur et qu’on s’adapte aux besoins de l’enfant." Eduqualis estime encore qu’on devrait accorder plus de place dans les apprentissages à ce qui intéresse les enfants au lieu de s’en tenir aux stricts programmes.
 
Un site Internet bientôt opérationnel
 
Le site Internet d’Eduqualis est en chantier. Sa page d’accueil a été créée (1) et le reste du contenu suivra sous peu (2). On pourra y trouver des informations légales, des questions/réponses, des liens vers des études portant sur l’école à domicile et un agenda des activités organisées pour et par les familles qui scolarisent leurs enfants à la maison. Elles sont ouvertes à toute autre personne intéressée. L’idée est de renforcer le réseau qui existe de manière informelle. I.L.

 

S’instruire en classe, dans le jardin et au musée
 
La journée des enfants de Laurence Binon démarre toujours de la même manière. Avec des pièces colorées aux formes géométriques, ils composent au sol, selon l’inspiration du moment, un mandala. "Je les prends en photo tous les jours" , signale Laurence Binon. La maman d’Ethan (14 ans), Milie (12 ans) et Eiaël (7 ans), psychopédagogue de formation, ex-enseignante et directrice d’école, a pris la décision il y a 7 ans de scolariser ses enfants à la maison.

> Lire la suite sur LaLibre.be

 

22/04/2015

La finalité de l'éducation: le vrai, le bien, le juste, le beau, et Dieu par-desssus tout

école,école catholique,école privée,éducation,enfant,enfants,parents,enseignants

école, école catholique, école privée

école, école catholique, école privée

19/04/2015

"La GPA est un grand préjudice pour le bébé": une psychothérapeute spécialisée dans les traumatismes de naissance et de la petite enfance fait le point

La Libre Belgique | samedi 18 et dimanche 19 avril 2015 p.60-61 | CONTRIBUTION EXTERNE

Une opinion d'Anne Schaub, psychothérapeute spécialisée dans l’analyse et le traitement des mémoires prénatales et psycho-généalogiques, des traumatismes de naissance et de la petite enfance.

gpa,mères porteuses

Les débats sur la gestation pour autrui (GPA) doivent se recentrer sur le principal intéressé : l’enfant. Or, le séparer de celle qui l’a porté durant neuf mois et à laquelle il s’est attaché représente une rupture traumatique aux conséquences bio-psycho-­sociales néfastes tout au long de la vie.

Depuis plus de 50 ans, les recherches en sciences humaines ont considérablement fait avancer notre compréhension du développement et du psychisme si subtil et délicat du petit enfant. Ainsi, dans le cas de la gestation pour autrui (GPA), il y a lieu de jeter un regard approfondi sur la notion de l’attachement de même que sur les fondements de la création du lien du petit avec sa mère de naissance. Ceci afin d’évaluer les éventuels effets délétères de la séparation des enfants avec leur mère de naissance. A partir de là nous saisissons mieux que les questionnements autour de la GPA se doivent d’être centrés sur le premier intéressé : le bébé.

Les débats publics sur la pratique de la GPA passent le plus souvent sous silence l’existence du lien fondamental qui se noue entre l’enfant, la mère biologique et le père biologique, dès la conception et durant les neuf mois de gestation. Or, cette période est cruciale pour le fondement relationnel et la construction psychique et cognitive future du petit enfant et ce, pour toute sa vie. L’existence du bébé en tant que petit être "relationnel" commence dès sa conception!

Les neurosciences nous enseignent que l’amygdale, une petite glande en forme d’amande située dans le cerveau "affectif" constitue une sorte de "carte mémoire émotionnelle" qui enregistre les impacts et les ambiances affectives vécues durant la grossesse, et également les circonstances entourant la naissance. "L’amygdale n’oublie pas !" (Dr Guenguen).

Dans la GPA, la cellule familiale se trouve "désarticulée" à la base de sa fondation. En effet, nous y constatons une série de ruptures de l’unité relationnelle bio-psycho-sociales : sortie de la relation charnelle et amoureuse fécondante; lorsqu’il s’agit de donneurs externes, apport de matériel génétique étranger - lui-même chargé d’une histoire ; embryons "fabriqués" dans une éprouvette; pertes et/ou congélation de "frères et sœurs" du futur bébé, grossesse dans le ventre d’une femme étrangère à l’enfant; séparation/abandon délibéré du bébé de sa "mère" de naissance afin de le transférer aux parents d’intention. Toutes ces ruptures fragilisent inévitablement l’enfant dans la construction de son identité.

Si un adulte, ici une femme, peut décider de ne pas s’attacher au bébé qu’elle porte pour autrui, un embryon, un fœtus, un bébé, n’a pas cette capacité : pour lui, le processus d’attachement qui débute dès la grossesse est un processus biopsychologique naturel ayant pour objectif de rechercher proximité, protection et sécurité auprès de l’adulte qui le "porte".

Dès lors, séparer l’enfant de celle qui l’a porté durant neuf mois et à laquelle il s’est attaché représente pour l’enfant une rupture traumatique, un traumatisme majeur dans la vie naissante d’un enfant. De même, les conditions "morcelées" dans lesquelles un enfant est conçu laissent une trace indélébile et marquante dans le psychisme et l’histoire psychosociale des enfants.

Il s’agit donc bien d’un préjudice existentiel de taille qui leur est fait. Sans parler de la privation essentielle de mère ou de père dans le cas de couples d’hommes ou de femmes.

Dans le panel de souffrances infantiles rencontrées au cours de mon expérience professionnelle, j’ai constaté que derrière toutes les séparations, ressenties subjectivement in utero à partir de circonstances qui font croire à l’enfant qu’il n’est pas le bienvenu (conflits de couple, deuils, maman anxieuse après une fausse couche et évitant de s’attacher à son bébé par crainte de le perdre, stress de toutes sortes ou solitude de la mère portant son enfant sans le soutien du père de l’enfant, etc.) se loge comme en toile de fond l’angoisse la plus archaïque inhérente à notre humanité : l’angoisse d’abandon. Le petit enfant vit une angoisse d’abandon majeure lorsqu’il a l’impression subjective de perdre sa mère ou lorsqu’il la perd réellement (objectivement).

Le système psychique et intellectuel du petit enfant n’est pas encore muni de ce qu’en psychologie nous appelons "la permanence du moi et de l’objet". Ainsi, l’éloignement de la mère de naissance dont il s’est laissé imprégner pendant neuf mois crée chez le tout-petit un stress qu’il assimile à une angoisse de mort. Le nouveau-né n’a en effet pas encore la maturité cognitive suffisante pour s’expliquer d’une façon consciente et raisonnée une situation d’éloignement de la "mère" qu’il connaît depuis autant de mois. En d’autres termes : "Maman c’est moi et moi c’est maman. Si je ne vois plus, n’entends plus, ne sens plus maman près de moi, je perds le sentiment de ma propre existence, j’entre en détresse et crains de mourir !"

La GPA touche de plein fouet la réalité du lien réciproque naissant "mère-enfant", "enfant-famille". Le morcellement des premières conditions d’existence des enfants nés par GPA entraîne pour eux des conséquences bio-psycho-­sociales néfastes et cela, tout au long de leur vie. Bien plus, l’impact de ces conditions de conception pourrait toucher leur famille et les générations suivantes, ainsi que la société en général.

Je me fais ici porte-parole de ces enfants n’ayant aucune voix propre pour crier cette atteinte majeure exercée de façon délibérée sur l’origine de leur vie.

En conclusion, si nous nous détournons de l’intérêt des enfants - les premiers concernés par la GPA - au profit de l’intérêt et du désir - louable, respectable et à accompagner - des adultes, nous glissons vers une société qui se fait complice de certains fantasmes humains qui généreront de façon programmée des troubles et des pathologies du lien, générateurs de violences psycho-­sociales.

Dès lors, au nom du principe de précaution, il nous faut mettre un frein au développement des technologies encourageant la GPA et interdire légalement celle-ci. Il s’agit de défendre les plus vulnérables dans la société ! Et qui n’est pas plus vulnérable que l’embryon livré par nature, en confiance, au bon sens des adultes ? Ces tout-petits sont nos adultes de demain, qui sait, nos futurs dirigeants !

Qui aura été traité avec respect, intelligence et sensibilité, a de fortes chances de traiter les autres et son environnement avec le même cœur, avec le même art de la connaissance humaine et du monde.

 

14/04/2015

Louis et Zélie Martin, modèle de mariage chrétien et de famille chrétienne

13/04/2015

Une nouvelle école catholique : Sint-Ignatius, entre Overijse et La Hulpe

cropped-maleizen-met-logo.jpg

Dès l'ouverture du site, le ton est donné : "AMGD" et "personne n'est condamné à la médiocrité". L'école Saint Ignace est un internat catholique, indépendant et néerlandophone où chaque élève sera encouragé à l'excellence.

L'ouverture est annoncée pour septembre 2015 avec une première classe de première année d'humanités classiques et deux classes de deuxième année en latin-grec et en sciences modernes. L'école est située dans le cadre rustique de l'ancien couvent de Maleizen, tout près de la frontière linguistique.

La vision de l'école est de contribuer à un avenir dans lequel des catholiques bien formés prennent leur engagement dans toutes les couches de la société.
Leur mission est décrite comme étant la prolongation des foyers qui donnent à leurs enfants une éducation catholique. L'éducation donnée au foyer est approfondie par une étude sérieuse de la foi et ses pratiques. Cette formation intellectuelle est continuée dans l'étude d'autres cours où l'élève est encouragé à ne pas se contenter de la médiocrité mais de tendre toujours vers le magis de Saint Ignace.

Saint Ignace est une école privée afin de préserver au maximum la liberté pour effectuer la mission donnée. Une demande de reconnaissance a été envoyée au Ministère de l'Enseignement. Dès que l'école sera reconnue (dans les 6 mois après la demande), l'école sera en mesure de donner des attestations et des diplômes reconnus aux élèves qui auront réussi.


Le projet pédagogique repose sur trois piliers.
L'excellence jésuite : En se basant sur la Ratio Studiorum de Saint-Ignace, l'école souhaite que chaque élève puisse faire un pas vers le magis (excellence) ignacien. Elle compte pour ceci sur une  équipe d'enseignant motivés, hautement qualifiés et expérimentés pour défier de plus en plus les étudiants . Le matériel propre des cours va plus loin que là où cessent manuels ordinaires afin que les élèves ne soient " pas condamnés à la médiocrité".
L'esprit de l'Eglise catholique romaine : les élèves recoivent une formation dans le même esprit catholique que celui de la maison, avec un respect pour la Magistère et l'attention ainsi que le respect pour les Sacrements. Tous les professeurs sont des catholiques pratiquants. L'accompagnement spirituel, des professeurs et des élèves, ainsiu que les cours de religion sont aux soins des pères de Servi Jesu et Mariae
Néerlandophone : Même si l'école se situe sur la frontière linguistique, l'école choisit consciemment pour l'enseignement néerlandophone. Un niveau d'excellence ne peut être atteint qu'avec une langue maternelle maîtrisée profondément.


Internat à temps partiel : Afin de donner la chance aux élèves de toute le Flandre de suivre un enseignement catholique, l'école a choisi d'organiser un internet à temps partiel le lundi et le jeudi. Afin de ne pas trop casser le lien avec la famille, les cours sont ainsi répartis que les élèves sont à la maison le mercredi. Une étude-garderie sera organisée ce jour-là sur demande.

 

Quant aux détails pratiques, ils sont donnés sous l'onglet "praktisch"

Pour l'inscription, toutes les explications sont données sous l'onglet "inschrijving"

L'école étant indépendante pour ne pas devoir subir de pressions idéologiques, elle ne reçoit donc pas de subsides. Toute aide est donc bien sûr la bienvenue. Telle que décrite dans l'onglet "steunen" l'aide peut être spirituelle, matérielle ou financière.

Source : Sint-Ignatius

12/04/2015

Enseignement catholique: sacrifier l'éternité pour gagner un monde antichrétien ?

11/04/2015

Cardinal Müller : "l'évêque doit être un martyr de la parole"

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond aux questions soulevées dans l’Église à l’occasion du Synode sur la famille.

Dans un livre d’entretiens sur la famille, publié récemment en Italie et aux États-Unis, vous encouragez les chrétiens à « choisir l’audace prophétique du martyre ». Pourquoi ?

L’Église n’est pas une organisation philanthropique. Dire que nous respectons les opinions de tous, que nous voulons du bien à tous, ne suffit pas. Présenter l’Évangile comme un simple message thérapeutique n’est pas très difficile, mais ne répond pas à l’exigence de Jésus. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit Jésus. Les premiers apôtres, les Pères de l’Église, les grands évêques de l’histoire de l’Église ont si souvent navigué face à des vents contraires. Comment pourrait-il en être autrement pour nous ?

Dans ce rôle prophétique, quel doit être pour vous le rôle des évêques ?

L’évêque doit être un martyr par la parole et, parfois, par la vie, comme nous le montre l’exemple de tant de chrétiens, de prêtres et d’évêques, dans différentes parties du monde. Nous devons être des confesseurs de la foi, et notamment ici en Europe. Confesseurs, parce que tous ne comprennent pas le sens de la croix du Christ.

Beaucoup ont une fausse idée de la religion catholique, y voyant un ensemble de rites, des croyances réconfortantes. Or elle est plus que cela. Elle implique que la personne se convertisse, qu’elle combatte le vieil Adam, qu’elle devienne une nouvelle créature.

Nous ne pouvons pas présenter l’Évangile comme un chemin de vie commode. Cela n’aide pas les personnes, parce que cela ne correspond pas à la réalité fondamentale de l’Évangile.

À travers les siècles, le courage des évêques est souvent lié à la défense de la doctrine de l’Église. Comment votre congrégation les y aide-t-elle aujourd’hui, dans le contexte du Synode sur la famille ?

La Congrégation pour la doctrine de la foi et le Synode des évêques sont des institutions distinctes, mais qui sont amenées à travailler sur des thèmes communs, comme la famille. La Congrégation que je préside est au service du Saint-Père pour le soutenir dans son magistère pétrinien, ainsi que des évêques dans le magistère qu’ils exercent en communion avec le pape.

Pour la famille, notre référence est la doctrine précisée au fil du temps par de nombreux papes, notamment Pie XI, spécialement dans son encyclique Casti Conubii, ainsi que par Jean-Paul II et Benoît XVI dans leurs nombreux enseignements sur ces sujets. Sans oublier le concile Vatican II.

Cette doctrine a été condensée dans le Catéchisme de l’Église catholique. L’analyse sociologique du mariage et de la famille montre que la réalité est souvent distante de cet enseignement. S’il nous faut ouvrir les yeux sur cette situation, il est clair que nous ne pouvons évidemment pas en faire une norme théologique ou dogmatique.

Quels sont les obstacles dans l’annonce du message évangélique sur la famille ?

La première question, pour la famille, est anthropologique. Les développements que nous constatons dans le champ du mariage et de la sexualité vont en effet souvent contre la dignité humaine et l’ordre créé par Dieu, comme l’illustrent les atteintes à la relation indissoluble entre un seul homme et une seule femme. Ces évolutions parviennent à faire vaciller les fondements anthropologiques issus de la création initiale de l’homme par Dieu, comme on le voit dans la prétention de créer un « mariage » homosexuel.

Nous vivons dans une culture sécularisée, sans Dieu, sans ce rapport fondamental avec le Créateur. La conséquence est que beaucoup d’hommes ont perdu le sens de leur vie et en viennent à adopter une vision purement pratique des choses, notamment sur l’amour, la fidélité. La valeur du don total d’un homme et d’une femme qui s’offrent l’un à l’autre pour toujours semble escamotée. Pourtant, l’amour et la fidélité sont les deux faces d’une même monnaie.

Des évolutions qui ont des conséquences sur le sacrement du mariage lui-même…

Le deuxième grand défi de l’Église concernant la famille, c’est la sacramentalité. À cet égard, on doit souligner qu’il n’est pas correct ou suffisant de présenter l’indissolubilité du mariage comme un idéal, une loi, une « valeur ». Le mariage est avant tout un sacrement, un signe efficace qui communique la grâce. Par lui, Dieu constitue une nouvelle réalité, le lien matrimonial. Dans l’Ancien Testament, il est dit que « l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme et ils ne seront plus qu’une seule chair ». Dans le Nouveau Testament, Jésus reprend ces paroles. C’est l’unité la plus dense qu’on puisse imaginer. Saint Jean Chrysostome a dit une fois que le divorce d’un mariage sacramentel était comme une amputation de la chair. Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires.

L’enseignement de l’Église sur le sacrement du mariage est-il suffisamment affirmé, par exemple lors de la préparation au mariage ?

Parfois, certains peuvent être tentés, dans l’Église, de s’adapter à la superficialité du discours public, en fondant leur réflexion de manière purement pratique : si les choses « fonctionnent », les conjoints restent ensemble ; s’ils ne « s’entendent plus », il faut trouver une solution pratique de substitution. Cette vision des choses s’oppose absolument à la sacramentalité du mariage, qui donne aux époux un quasi-caractère (signe indélébile). Il y a une certaine analogie entre le caractère reçu par un prêtre à l’ordination et le lien matrimonial indissoluble jusqu’à la mort d’un des deux conjoints.

Nous devons dépasser le point de vue du sécularisme, qui consiste à ne penser le mariage que d’un point de vue pragmatique. Le mariage est bien plus que cela : c’est une expression, une participation à l’alliance définitive, eschatologique, indissoluble, du Christ et de l’Église, son épouse.

Certains distinguent la doctrine de l’indissolubilité, qu’ils ne remettent pas en question, et la pastorale, qui pourrait dans certains cas s’en éloigner. Qu’en pensez-vous ?

La doctrine chrétienne n’est pas une théorie sur la réalité, mais la vérité révélée. Elle est la vie du Christ et la vérité vécues. Il n’y a donc pas de différence fondamentale à établir entre doctrine et pastorale. Nous ne sommes pas sauvés en Jésus Christ par une théorie, mais nous participons à la grâce, à la vie de Dieu. Le péché, l’éloignement de Dieu, sont des réalités qui appartiennent au monde « ancien », celui de la domination du péché. Nous devons vivre de la nouvelle réalité, en acceptant la Croix et les difficultés concrètes qui s’y rattachent, tout au long de la vie. Un prêtre qui a reçu le sacrement de l’ordination ne peut pas dire : ceci est une belle idée, mais la réalité est différente. Il s’agit d’emprunter le chemin de la sequela (suite) de Jésus Christ, en acceptant les croix, parfois très lourdes, du quotidien, en suivant notre modèle.

À ce sujet, les paroles de Jésus peuvent-elles être interprétées de différentes manières ?

Nous devons être obéissants à la parole de Jésus Lui-même. Lorsqu’on Lui a demandé s’il était permis à l’homme de répudier son épouse, Jésus a répondu : Non ! « Si quelqu’un renvoie sa femme et qu’il en épouse une autre, il est adultère.  » Lorsque les personnes rencontrent des difficultés, elles doivent donc tout faire pour les surmonter, en cherchant à se faire semblables au Christ crucifié, qui ressuscite à Pâques. Et être aidées et soutenues dans leur effort. Mais nous ne pouvons pas dire que notre pastorale doit être plus prudente que Jésus Christ Lui-même !

Comment lier la doctrine et la vie concrète des personnes ?

En fait, on ne peut pas dire que Jésus Christ aurait apporté une doctrine hors de portée, un idéal qui serait sans lien avec la vie. Qu’il nous faudrait corriger, perfectionner Jésus Christ, parce qu’Il aurait vécu dans un monde idéaliste, qu’Il n’était pas un homme pratique. Jésus n’est pas un théologien académique qui n’aurait rien su de la vie réelle. Il a été, par toute sa personne et sa vie, le Docteur, l’Enseignant de la parole de Dieu. Il est le pasteur qui guide les hommes, qui nous apprend à marcher à sa suite par les « morts » quotidiennes.

Le christianisme n’est pas une philanthropie, une doctrine de sagesse pour la vie de tous les jours, qui justifierait cette séparation entre le Christ, la vérité et la vie réelle. Le voir ainsi serait Le réduire à une forme de gnosticisme, à un idéalisme, dont tous sauraient qu’il n’a pas de lien direct avec la pratique. Nietzsche voyait dans le christianisme un platonisme pour les gens simples. Il est étonnant de voir que certains dans l’Église, tels de nouveaux Nietzsche, voudraient réduire le christianisme à une forme d’idéalisme platonique.

Comme expliquez-vous ce phénomène ?

J’espère que ceux qui soutiennent ce genre de positions ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent. Ils ne savent pas ce qu’ils font !

La discipline sacramentelle pourrait-elle être changée, sans pour autant toucher au dogme ?

La discipline des sacrements est l’expression de la doctrine de la foi. Ce ne sont pas deux domaines différents. On ne peut pas affirmer la doctrine et initier une pratique qui serait contraire à la doctrine. Car la doctrine chrétienne n’a pas une relation à la pratique comme l’auraient la théorie et la praxis dans la pensée marxiste. Nous avons le même Christ qui a enseigné le Royaume de Dieu et l’a réalisé en offrant sa propre vie. C’est cela, la réalité chrétienne. L’Église peut toujours changer ou adapter les rites ecclésiastiques. Mais uniquement ce qui est de droit humain. Ce qui est de droit divin, l’Église ne peut pas le changer. Ce serait une contradiction en soi.

Même le Magistère ?

Toute la parole de Dieu est confiée à l’Église, mais celle-ci n’est pas supérieure à cette Parole, comme le dit clairement la Constitution dogmatique Dei Verbum du concile Vatican II. Le Magistère n’est pas supérieur à la parole de Dieu. C’est l’inverse qui est vrai. C’est d’ailleurs un reproche récurrent des protestants à notre égard, accusant notre Magistère de se faire supérieur à la parole de Dieu. Mais ceci n’a jamais été la doctrine catholique. Le Magistère sert la parole de Dieu : l’interprétation n’est pas un changement, encore moins une création.

Certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient-elles être déléguées aux conférences épiscopales ?

C’est une idée absolument anticatholique, qui ne respecte pas la catholicité de l’Église. Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques.

Récemment, un évêque allemand a déclaré que la conférence épiscopale qu’il dirige n’était pas une « filiale de Rome ». Qu’en pensez-vous ?

Une conférence épiscopale n’est pas un concile particulier, encore moins un concile œcuménique. Le président d’une conférence épiscopale n’est rien de plus qu’un modérateur technique, et il n’a à ce titre aucune autorité magistérielle particulière. Entendre dire qu’une conférence épiscopale n’est pas une « filiale de Rome » me donne l’occasion de rappeler que les diocèses ne sont pas non plus les filiales du secrétariat d’une conférence épiscopale, ou d’un diocèse dont l’évêque préside la conférence épiscopale.

Ce genre d’attitude risque en fait de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II. L’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel.

Y a-t-il un danger que certaines conférences épiscopales se séparent de Rome ?

Je ne pense pas que cette volonté existe. Mais le risque est d’appliquer à l’Église des catégories politiques, au lieu d’utiliser l’ecclésiologie catholique véritable. La Curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Elle est le lieu où travaillent les cardinaux, piliers de l’Église de Rome, dont le pape est le chef. Ils sont là pour le soutenir dans son ministère pétrinien, dans son magistère, dans son gouvernement de l’Église romaine, au service de l’Église universelle.

Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une superorganisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. En raison de leur ordination et de leur mission, ceux-ci exercent un vrai pouvoir spirituel sur l’Église particulière qui leur est confiée, en union avec l’Église universelle. Tout cela est clairement expliqué dans le concile Vatican II, et je ne vois pas la nécessité de réveiller un vieil antagonisme qui a donné lieu, dans l’histoire, à toutes sortes d’abus, que ce soit le centralisme curial comme au temps des papes d’Avignon ou, à l’inverse, le gallicanisme, le joséphisme [tentative de subordonner l’Église à l’État par l’empereur Habsbourg Joseph II au XVIIIe s.].

Vous travaillez aussi sur le lien entre la foi des conjoints et la validité de leur mariage.

C’est un grand défi, sur lequel nous travaillons beaucoup. Le problème est le suivant : dans nos sociétés sécularisées, il se peut qu’un nombre croissant de personnes demande le mariage catholique en ne voyant en lui qu’un beau rite religieux traditionnel, sans adhérer à sa signification profonde et ses implications. Les consentements peuvent être échangés sans que les personnes comprennent le sens du mariage chrétien, sans accepter dans leur cœur et leur esprit toutes les dimensions qui en sont constitutives. On peut par conséquent se demander de manière plus précise si toutes les conditions pour que le mariage soit valide ont bien été présentes.

Peut-on « mesurer » la foi de deux personnes qui demandent le mariage ?

Le niveau de foi personnelle, la fides qua creditur, ne peut pas être « contrôlé ». Seul Dieu peut le faire. Mais la foi confessée, si. Si quelqu’un demande le mariage à l’Église mais, en même temps – dans son cœur ou ouvertement – affirme qu’il n’accepte pas tout ce que dit l’Église, voire le nie directement, ou bien encore en ignore tout, alors on peut se poser la question de la validité de son mariage. C’est le cas d’un certain nombre de personnes qui ont seulement été formellement baptisées, mais n’ont reçu aucune éducation chrétienne.

C’est la raison pour laquelle on pourrait imaginer compléter la formule actuelle de la liturgie du mariage, basée essentiellement sur des éléments naturels, en demandant aux futurs conjoints d’exprimer de manière plus claire leur adhésion à l’enseignement de l’Église. Une adhésion à laquelle les candidats au mariage pourraient déjà être invités dès leur préparation à la réception de ce sacrement. 

Source : Famille Chrétienne

08/04/2015

Une École catholique des arts du spectacle a ouvert ses portes en janvier 2015: le Cours Wojtyla

11086520_10206228211445420_1026035938_o.png?w=311

 

Il était plus que temps: enfin une École catholique des Arts du Spectacle !

 

Tout a commencé par l’amitié entre sept comparses réunissant des parcours aussi différents que complémentaires dans les arts du spectacle, le monde des médias et l’écriture : Philippe Ariño, Marie Lussignol, Arthur Herlin, Vincent Laissy, Franck Nankam, Marguerite Chauvin, Laurent Meeschaert ; une idée commune : proposer une structure d’accueil et de formation professionnelle qui annoncerait clairement la couleur catholique et qui hébergerait toutes les graines d’artistes de l’Église qui ne savent pas où aller pour exprimer librement et artistiquement leurs talents, leur foi, leur engagement politique, leur vision du Monde.

L’idée de créer une sorte de « Catho Academy » a germé d’une constatation : à part pour des projets ponctuels (le temps d’un camp-ski, d’un festival de jeunes, d’un concert, de la tournée d’un spectacle ou d’une comédie musicale, d’un atelier dans une paroisse ou un établissement scolaire privé…), il n’existe pas encore de conservatoire ou d’école artistique catholique en France.

L’école veut répondre à l’appel missionnaire du pape Jean Paul 2, lors des journées mondiales de la jeunesse « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier  » et également dans sa lettre aux artistes :

 » je m’adresse à vous, artistes du monde entier, pour vous confirmer mon estime et pour contribuer à développer à nouveau une coopération plus profitable entre l’art et l’Église. Je vous invite à redécouvrir la profondeur de la dimension spirituelle et religieuse qui en tout temps a caractérisé l’art dans ses plus nobles expressions. C’est dans cette perspective que je fais appel à vous, artistes de la parole écrite et orale, du théâtre et de la musique, des arts plastiques et des technologies de communication les plus modernes(…) Au seuil du troisième millénaire, je vous souhaite à tous, chers artistes, d’être touchés par ces inspirations créatrices avec une intensité particulière. Puisse la beauté que vous transmettrez aux générations de demain être telle qu’elle suscite en elles l’émerveillement !(…) Les hommes d’aujourd’hui et de demain ont besoin de cet enthousiasme pour affronter et dépasser les défis cruciaux qui pointent à l’horizon. Grâce à lui, l’humanité, après chaque défaillance, pourra encore se relever et reprendre son chemin. C’est en ce sens que l’on a dit avec une intuition profonde que «la beauté sauvera le monde(…)Que votre art contribue à l’affermissement d’une beauté authentique qui, comme un reflet de l’Esprit de Dieu, transfigure la matière, ouvrant les esprits au sens de l’éternité ! »

De fil en aiguille, et grâce à l’entremise discrète et concrète de Saint Jean-Paul II, les Cours Wojtyla sont nés à la rentrée en janvier 2015 !

Histoire du Cours Wojtyla sur le site internet de l’École

 

Le programme des formations du Cours Wojtyla

 

 

 

Rentrée le 1er Octobre 2015 !
Formulaire de pré-inscription

Offre de lancement: - 20% sur nos tarifs!

Auditions pour le Parcours Pros
Samedi 27 juin 2015
Samedi 19 septembre 2015
en savoir plus

 

Informations et inscriptions: Cours Wojtyla - École catholique des Arts du Spectacle

 

05/04/2015

Mgr Léonard rappelle le drame qu'est l'avortement pour notre société

Homélie de Mgr Léonard en ce jour de Pâques 2015

Jean, le disciple bien-aimé, arrive le premier au tombeau. Mais c’est Pierre, le premier Pape, qui doit faire le constat officiel. Et Pierre voit, mais sans comprendre. Nous lui ressemblons souvent. Nous voyons, mais sans vraiment comprendre. Il constate que le linceul qui enveloppait le corps est resté là, dans un ordre intact. Il voit aussi le linge qui avait été noué autour de la tête pour maintenir la mâchoire fermée. Il n’est pas étendu à plat comme le linceul, mais enroulé à sa place, là où se trouvait la tête du défunt. « C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. » Jean comprend dans la foi ce que le regard de Pierre n’avait pas encore saisi à ce moment, à savoir qu’une force qui n’est pas de ce monde a vidé le linceul de son contenu et a inauguré un monde nouveau en faisant passer Jésus de la croix à la gloire.

C’est le monde entier, c’est toute l’histoire du monde qui a basculé de la mort à la vie, du désespoir à l’espérance, avec la Résurrection de Jésus. Je sais bien qu’il n’est pas facile de croire à la résurrection de Jésus et à la nôtre, mais, sans Pâques, la naissance de l’Eglise et la rédaction du Nouveau Testament seraient totalement incompréhensibles. Même s’il est exigeant, le choix de la foi est le plus intelligent qui soit. Il vit et il crut. Nous aussi, nous osons croire que Jésus est ressuscité et que notre vie véritable est déjà, provisoirement cachée avec le Christ en Dieu. Mais « quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire ».

Mais comment pourrions-nous, cette année, célébrer la résurrection de Jésus sans penser aux chrétiens du Moyen-Orient, à nos frères et sœurs dans la foi, persécutés et martyrisés, à cause de leur dans le Christ ? Même cette année, les chrétiens du Moyen-Orient se diront l’un à l’autre : « Le Christ est vraiment ressuscité ! » et ils entonneront ensemble un « Alléluia ! ». Et cela, même si leur célébration se déroule sous une tente ou dans une église délabrée ou sous des abris anonymes. En ce jour de Pâques, lors de l’échange de la paix, accueillons-les dans notre cercle et prions pour que le Seigneur ressuscité leur offre, aujourd’hui encore, un message de réconciliation et de paix.

Mais il est un autre drame qu’il nous faut évoquer aujourd’hui. Avant-hier, c’était le 25ème anniversaire de la loi belge sur l’avortement. Mais, heureusement, c’est aussi l’anniversaire du geste prophétique du Roi Baudouin, geste qui, pour toujours, rappellera aux Belges et au monde entier la gravité de l’avortement. Il est difficile d’évaluer le nombre des enfants avortés en Belgique depuis 1990 : en tout cas, plus de 300.000. Par principe, il s’agit toujours de victimes qui ne peuvent pas se défendre. Le petit enfant dans le sein maternel peut bien tenter, pendant un certain temps, de se réfugier contre la paroi de la matrice, afin d’échapper à l’agression. Mais en vain. Il ne sera bientôt plus qu’un « déchet biologique »…Et pourtant cet enfant était aussi unique, aussi irremplaçable qu’un autre pour lequel un berceau était déjà prêt. N’oublions jamais que nous avons tous été ce minuscule embryon, ce fœtus dans le sein maternel. Et nous ne sommes ici que parce que nous avons été respectés dans ce stade vulnérable de notre vie. Comme chrétiens, notre intention n’est pas de juger les femmes qui ont vécu l’avortement et encore moins de condamner celles qui ont été elles-mêmes victimes de leur entourage. Nous voulons seulement confirmer notre volonté de défendre à la fois la vie précieuse de l’enfant à naître et la dignité de chaque femme ainsi que notre engagement à soutenir les organisations qui aident les femmes à garder leur enfant, y compris dans des situations très difficiles. Il ne suffit pas d’être « pro-birth ». Il faut encore être « pro-life » et « pro-mother » ! Aux enfants avortés et à leur mère, Jésus ressuscité veut redire aujourd’hui, comme dans l’Apocalypse : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant : j’étais mort, mais me voici vivant pour les siècles des siècles ! » (Ap 1, 17-18). Ces paroles valent aussi pour ces enfants et pour leurs mères.

Oui, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

 

+ André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles

Pâques 2015

 

Source: Belgicatho